LIVRE SIXIÈME
dont leur pays était couvert, plus semblables à des animaux sauvages qu'à des hommes. Après avoir lutté pendant plusieurs siècles contre les maux inséparables de cette barbarie, ct lorsque rien ne semblait annoncer pour eux les approches de la civilisation ,un homme et une femme d’une figure majestueuse et décemment vêtus leur apparurent, dit-on ,sur les bords du lacTitiaca. Ces deux personnages s’annoncèrent comme enfants du soleil. Cette divinité bienfaisante avait, dirent-ils, regardé d’un œil de compassion les maux de la race humaine, et les envoyait pour l’instruire et la réformer. Leurs exhortations, fortifiées par le respect qu’inspirait la divinité au nom de laquelle ils parlaient, déterminèrent plusieurs de ces sauvages errants à sc réuuir : ils reçurent comme des ordres du ciel les instructions de ces êtres extraordinaires, et les suivirent à Cusco, où ils s’établirent et jetèrent les fondements d’une ville.
Manco-Capac et Mama-Ocollo (tels étaient les noms de ces prétendus enfants du soleil), ayant ainsi rassemblé plusieurs tribus errantes t , établirent parmi les Péruviens cette union sociale qui, en multipliant les objets de desirs et en combinant les efforts de l’espèce humaine , excite l’industrie
(1) Suivant les traditions péruviennes, rapportées par l’incas Garcilaso
de la Vega, Manco-Capac commença à établir son empire quatre cents aus environ avant l'arrivée des Espagnols. (D. L. R.}
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