LIVRE SIXIÈME
fai- que la monarchie et fondée sur une autorité regar- 1552 dée comme sacrée, qu’elle excita à Cusco un mé- L
r'e- contentement général. Huascar, encouragé par les Û pac, dispositions de ses sujets, voulut que son frère rem- nonçât au royaume de Quito et le reconnût pour À me son souverain. Mais le premier soin d’Atahualpa ‘4 aux avait été de s’attacher un gros corps de troupes qui ‘fl Il avait accompagné son père à Quito. C'était l'élite bla des guerriers péruviens, et Huana-Capac leur deou- vait toutes ses victoires. Appuyé de ce secours, Ata-
ce, hualpa éluda d’abord la demande de son frère et Î la marcha bientôt après contre lui à la tête d’une LE yal armée.
da C’est ainsi que l'ambition de deux jeunesprinces, j K: ls, dont l’un avait pour lui l’ancienne loi du Pérou , et À } sa l’autre les forces de l'empire, précipita cet état dans | ) : les malheurs d'une guerre civile, dont il avait été
du exempt jusque là sous une suite de princes vertueux.
ses Dans une telle situation, l'événement n’était pas L ur difficile à prévoir : la force des armes l’emporta sur 1 ec l'autorité des lois. Atahualpa demeura victorieux et
i abusa cruellement de sa victoire. Convaincu lui-
m- même de la faiblesse de ses droits à la couronne, ne il entreprit d’éteindre la race royale en faisant périr hi v tous les enfants du soleil descendus de Manco-Ca- 6 me pac, dont il put parvenir à s’emparer, soit par la force f
soit par ruse, Il conserva la vie à son infortuné ||!
rival, Huascar, fait prisonnier dans la bataille qui [| |
1552 avait décidé du sort de l'empire, fut épargné par un motif de politiqne, afin qu’Atahualpa , donnant
des ordres au nom de son frère, pût établir plus
aisément sa propre autorité".
Vavorable Lorsque Pizarre débarqua dans la baie de Saintri Mathieu cette guerre civile était dans toute sa vio- ” Jence. Si, dans sa première expédition, en 1526, il eût attaqué ce pays, il aurait eu en tête les forces d’un grand état réunies sous un monarque habile, courageux , et qu'aucun autre soin n’eût détourné ”. Mais alors les deux compétiteurs , en apprenant l’arrivée et les Violences des Espagnols, étaient si occupés d’une guerre plus intéressante pour chacun d'eux, qu’ils donnèrent peu d’attention aux mouvements d’un ennemi qui leur semblait trop faible pour les alarmer, et qu’ils croyaient pouvoir arrêter facilement dès qu’ils en auraient le loisir.
Pizwre en Ce concours heureux de circonstances que Piprofile et Sa- zarre ne pouvait prévoir et dont il ne put être in- struit que fort tard, par la difficulté de communi-
quer avec une nation dont il ignorait la langue , lui laissa la facilité de pousser ses opérations presque
sans obstacles, et d'arriver jusqu’au centre de l’empire avant qu’on eût fait un seul effort pour l’arré-
(1) Zarate, 4. 1, cap, 15. Vega, t, lib. IX, cap, 12 et 32-40. Hervera, Decad, V, lib. 1, cap, à 3 lib, IE, cap. 13.
(2) Si Huana-Capac était mort ‘en 1523, ainsi qu'on le voit dans l'Art de vérifier les dates, toutes les réflexions de Robertson seraient sans base. (D, L. R.)
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