‹ Histoire de l'Amérique [microforme]Chapitre 71 sur 184 · LIVRE SIXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE SIXIÈME

ssent à son frère Huascar dans le lieu où il le tenait con- 1535 n’as- finé, que ce prince leur avait représenté la justice ites à de sa cause, et que, pour les déterminer à prendre Sent sa défense , il leur avait promis une quantité d’or a los beaucoup plus considérable que celle qui avait été qui, offerte pour la rançon de son frère. Atahualpa vit rtout que sa perte était inévitable si les Espagnols écou- , soute taient ces propositions , et, craignant que leur insatiabie avidité ne les déterminât en faveur d'Huasdétas car, il résolut de sacrifier la vie de son frère pour done sauve: } sienne, En conséquence, il donna des or- “bien dres, .;:: l’.rent exécutés avec une ponctualité scrus s'il puleuse .

xvelle : Cependant les Indiens chargés d’or arrivaient Les Espaec un : tous les jours à Caxamalca de toutes les provinces D gent le butin, L’ar- du royaume. La plus grande partie de la quantité aussi convenue était amassée, et Atahualpa assurait les onols. Espagnols que si toute sa rançon n’était pas encore e ses prête à leur être livrée c’était l'éloignement des Licsait lieux d’où il fallait l’apporter qui en était la cause. oyens Mais ces amas d’or, mis continuellement sous les ssible yeux de soldats indigents, avaient tellement irrité n qui leur cupidité, qu’il devenait impossible de contenir enté plus long-temps l’impatience qu’ils avaient de se Espa- mettre en possession d’un aussi riche butin. On visite | fit fondre tous les vases et ustensiles, excepté quel:

(1) Zarate, lib. 11, cap. 6. Gomara, Hist. cap. 115. Herrera, Decad, P, lib, III, cap. 2.

1535 q':, pièces d’un travail curieux qu’on réserva pour

le roi d'Espagne. Après avoir mis à part le quint dû à la couronne et cent mille pesos, destinés aux soldats qui étaient arrivés avec Almagro, il resta un million cinq cent vingt-huit mille cinq cents pesos à partager entre Pizarre et ses compagnons. Le jour de saint Jacqr *;, patron de l'Espagne, fut choisi pour la répartition de cette somme immense, et dans la manière dont elle se fit on reconnaît bien ce bizarre mélange de fanuiisme et de rapacité, que j'ai eu plus d’une fois déjà l’occasion de faire observer comme un des traits les plus frappants des conquérants du Nouveau-Monde. Assemblés pour se partager les dépouilles d’un peuple innocent, arrachées par la fourbe, la violence et la cruauté, ils commencèrent par invoquer solenvellement le nom de Dieu’, comme s'ils avaient pu attendre les lumières du ciel pour faire la distribution de ces fruits d’iniquité. Chaque cavalier eut pour sa part huit mille pesos, somme équivalente en ce temps-là à autant de livres sterling du nôtre, et chaque fantassin quatre mille. Les parts de Pizarre et de ses officiers furert proportionnées à leurs rangs.

Efict de L'histoire n'offre aucun autre exemple d’une forpartage. tune si subite, acquise par le service militaire , et jamais un si grand butin ne fut partagé par un si (x) Kerrera, Decad. V', lib. III, cap. 3.

pour quint $ aux resta cents nons.

e, fut ense »

nnaît rapaon de frap- LSSEr- >euple nce et solenvalent distrier eut alente nôtre, de Pi-

àleurs

Page 1