‹ Histoire de l'Amérique [microforme]Chapitre 79 sur 184 · LIVRE SIXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE SIXIÈME

avaient emporté toutes les richesses quiattiraient les 1555 Espagnols et qui leur avaient fait entreprendre cette

périlleuse expédition, supporter tant de fatigues et braver tant de dangers".

Benalcazar ne fut pas le seul capitaine espagnol Expédition qui attaqua le royaume de Quito. La renommée AAA, des grandes richesses qui s’y trouvaient y attira un ennemi plus puissant. Pierre d’Alvarado, qui s’était si fort distingué dans la conquête du Mexiqu*, ayant obtenu le gouvernement de Guatimala * pour récompense de sa valeur, s’ennuya bientôt d’une vie uniforme et tranquille, et sentit le besoin de se reje- A ter dans l’activité de la vie militaire. La gloire et !

les richesses acquises par les conquérants du Pérou

exaltèrent en lui cette passion et en déterminèrent F9 l’objet. Croyant ou feignant de croire que le royaume 4

de Quito était hors des limites du gouvernement * de Pizarre, il résolut de l’envahir. Sa grande réputation lui attira de tous côtés des volontaires. { Il s’emharqua avec cinq cents hommes, dont plus À de deux cents étaient des gentilshommes servant à ‘4 cheval. Il débarqua à Puerto-Viejo, et, connais- (4 sant très imparfaitement le pays, il entreprit sans guide de marcher directement à Quito, en suivant

(r) Zarate, lb. 11, cap. 9. Vega, p. 2, lib. I, cap. g. Herrera, Decad. V, lib. IF, cap. xx, 12; lib, V, cap. 2, 3; lib. VI, cap. 3.

(2) Il avait été nommé par Charles-Quint gouverneur de toute là partie du Pérou qu'il pourrait découvrir hors de la juridiction du gouvernement de Pizarre. (D, FL. R.)

1553 le cours de la rivière Guyaquil et en traversant les Andes vers sa source. Dans cette route, une des moins praticables de l’Amérique , ses troupes furent si excédées de fatigue en s’ouvrant des chemins au travers des forêts et des marais daus des terrains bas, et souffrirent tellement de la rigueur du froid sur les hauteurs des montagnes, qu'avant d’arriver à la plaine de Quito il avait péri un cinquième des Espagnols et la moitié des chevaux; le reste était découragé et hors d’état de servir *. Dans cet état, ils virent venir à leur rencontre un corps de troupes non pas américaines mais espagnoles, qui parurent disposées à les attaquer. Pizarre, ayant été instruit de l’armement d’Alvarado, avait envoyé Almagro à la tête d’un détachement pour s'opposer à son invasion. Benalcazar victorieux s’était réuni à Almagro. Alvarado, quoique surpris à la vue d’ennemis qu’il n’attendait pas, allait les charger courageusement lorsque quelques officiers plus modérés proposèrent et firent agréer un accommodement qui retarda de quelques années le moment fatal où les Espagnols devaient suspendre leurs conquêtes pour tremper leurs mains dans le sang de leurs compatriotes. Alvarado s’engagea à retourner dans son gouvernement à condition qu'Almagro lui paierait cent mille pesos pour le défrayer de la dépense de son armement. Plusieurs de ses soldats restèrent

(r) Voyez la note 21,

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