LIVRE SIXIÈME
dans le Pérou, et une expédition qui semblait devoir perdre Pizarre et sa colonie contribua à augmenter ses forces".
Vers le même temps Ferdinand Pizarre était arrivé en Espagne. L’immense quantité d’or et d'argent qu’il apportait * y causa autant d’étonnement qu’elle en avait excité à Panama et dans les autres colonies espagnoles. Pizarre fut reçu de l’empereur avec les égards dus à un homme qui lui offrait un présent dont la valeur surpassait toutes les idées que les Espagnols s'étaient formées de la richesse de leurs acquisitions en Amérique, même après avoir été pendant dix ans maîtres du Mexique. Pour récompenser les services de François Pizarre, l’empereur le confirma dans sa qualité de gouverneur , en y joignant de nouveaux priviléges, et en étendaat les bornes de son gouvernement à soixantedix lieues au sud le long des côtes, par delà les limites fixées dans sa première patente. Almagro obtint aussi les honneurs qu’il avait long-temps desirés. On lui donna le titre d’adelantade*ou gouverneur , ct sa juridiction fut étendue sur deux cents lieues de pays, à commencer des limites méridionales du gouvernement de Pizarre. Ferdinand luimême ne demeura pas sans récompense. Il fut fait
(1) Zarate, lb. IT, cap. 10-13. Vega, p. 11 Gb. II, cap. 1, 2, 9, etc. Gomara, Hist, cap. 126, etc. Remesal, Hist, Guatimal. lib, III, cap. 6. Herrera, Decad, P, lib. VI, cap. 1,2, 7, 8.
(2) Voyez la note 22,
Honneurs conférés par le roi d'Espagne à Pizarre et à Almagro,
1584 chevalier de l’ordre militaire de Saint-Jacques, distinction toujours flatteuse pour un gentilhomme espagnol, et retourna bientôt au Pérou accompagné de beaucoup de personnes plus distinguées par leur naissance que celles qui avaient jusqu'alors servi en Amérique ".
Commence On reçut au Pérou quelques nouvelles de la néin Aisne gociation de Ferdinand Pizarre avant qu’il y arrivit Piarre ct AI. luirmême. Almagro ne fut pas plutôt instruit qu magro avait chtenu de l’empereur un gouvernement indé-
pendant, qu’il prétendit que Cusco, où résidaient les incas, y était compris, et qu’il se prépara à se rendre maître de ce poste important. Jean et Gonzales Pizarre se mirent en devoir de le repousser. Chacun des contendants avait un parti puissant, et la dispute allait se décider par le sort des armes lorsque François Pizarre arriva dans la capitale ; il n’y avait jamais eu entre ce guerrier et Almagro de réconciliation sincère. La perfidie de Pizarre, qui s'était fait donner à lui seul des honneurs et des avantages qu'ildevait partager # vec son associé, était toujours présente à l’esprit de l’un et de l’autre. L’un, ne pouvant se dissimuler sa mauvaise foi, ne se flattait pas que son rival la lui pardonnât; l’autre, se souvenant toujours qu’il avait été trompé, ne cherchait que les occasions de se venger..L’avidité ct
(1) Zarate, 46, III, cap. 3. Vega, p. 2, lib. 11, cap. 19. Herrera, Decad. V, lib. VI, cap. 13.
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Herrera,
lib. III, cap. 6. Herrera, Decad. F, lib. VIIT, cap. 8.