LIVRE SIXIÈME
car au même moment où la cour paraissait ainsi 4530
vouloir le ménager, son frère Ferdinand fut arrêté à Madrid et renfermé dans une prison ‘ où il demeura plus de vingt ans”.
Tandis que Vaca de Castro se disposait à partir, pizarre par-
des événements importants se passaient au Pérou. "5° le Pérou entre ses par-
Le gouverneur, sé regardant, après la mort d’Al- ins.
magro, comme unique dépositaire de l'autorité, partagea les terres aux vainqueurs, S'il eût fait ce partage avec quelque impartialité, cette contrée était assez vaste pour lui fournir de quoi récompenser ses partisans et gagner ses ennemis. Mais Pizarre se conduisit avec toute l’injustice de l’esprit de parti, et non avec l'équité d’un juge, qui cherche à distinguer et à récompenser le mérite. Il commença par prendre pour lui, ou pour ses frères et ses favoris, de grands districts dans les parties du pays les mieux cultivées et les mieux peuplées. Les autres n’eurent dans leurs lots que les terrains les moins bons et les plus mal situés. Les soldats d’Almagro, parmi lesquels étaient plusieurs des premiers aventuriers , à la valeur et à la persévérance desquels Pizarre avait dû la plus grande partie de ses succès, furent totalement (x) Ferdinand Pizarre fut jeté dans les fers parce qu’il fut fortement soupçonné d’avoir fait empoisonner Diego de Alvarado qui lui avait proposé cinq jours auparavant un combat singulier. (D. L. R.)
(2) Gomara, Hist, cap. 142. Vega, p. tr, lib. IL, cap. ko. Herrera, Decad, VI, lib. VII, cap. 10, 113 Gb, X, cap. 1.
Espagnols.
Progrès des
exclus de la propriété de ces terres qu’ils avaient conquises. Comme la vanité de chacun lui faisait attacher une valeur excessive à ses services et exagérer ses prétentions à mesure que les conquêtes s'étendaient, tous ceux qui furent trompés dans leurs espérances se récrièrent hautement contre l'injustice et la rapacité du gouverneur, tandis que les partisans d’Almagro murmuraient en secret et méditaient leur vengeance.
Quelque rapides qu’eussent été les progrès des Espagnols dans l’Amérique méridionale, depuis l'entrée de Pizarre au Pérou, leur passion pour les conquêtes n’était pas encore satisfaite. Les officiers que Ferdinand Pizarre avait mis à la tête de différents détachements avaient pénétré dans plusieurs nouvelles provinces. Ils souffrirent beaucoup, les uns dans les régions stériles et froides des Andes, les autres dans les bois, les marais et les plaines; mais ils firent des découvertes qui étendirent les connaissances et la domination des Espagnols. Pierre de Valdivia reprit le projet d’Almagro sur le Chili : et, malgré le courage des naturels du pays, il fit de si grands progrès qu’il fonda la ville de Santiago, le premier établissement espagnol dans cette province *. Mais de toutes les expéditions faites
CONS P- 11, Gb. LIT, cap. à. Herrera, Decad. VI, Gb. VIII, “+4 Zarate, db. III, cap. 13. Ovalle, Gb. II, cap. 1 , etc.