‹ Histoire de l'Amérique [microforme]Chapitre 96 sur 184 · LIVRE SIXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE SIXIÈME

L vers ce temps-là, celle de Gonzalez Pizarre est la 1510 it plus remarquable. Le gouverneur, ne voulant souffrir dans aucune place importante au Pérou pers sonne que ses frères et lui, avait ôté à Benalcasar, s le même qui avait conquis Quito, le gouvernement 8 de ce royaume pour en revêtir son frère Gonzalez. é Il chargea celui-ci de tenter la découverte et la con- Expédition t

mémorable de

quête des pays situés à l’est des Andes, que les

Gonzalez Pi- R Indiens disaient être abondants en cannelle et au- zarre. .s tres épices recherchées. Gonzalez, aussi courageux FA et aussi ambitieux que ses frères, entreprit avec is zèle cette périlleuse expédition. 11 parti de Quito sé à la tête de trois cent quarante soldats, dont près é. de la moitié étaient à cheval , avec quatre mille In- FA diens pour porter leurs provisions. Dans cette route, té qu’il fallait s’ouvrir au travers des montagnes, les sé malheureux Indiens périrent presque tous par l’ex- ‘a cès du froid et de la fatigue, auxquels ils n'étaient

pas accoutumés. Les Espagnols, quoique plus robustes et plus capables de soutenir la différence des climats, souffrirent infiniment et perdirent quelit ques hommes. Mais, lorsqu'ils furent descendus dans le plat pays, leurs souffrances augmentèrent. Ils essuyèrent deux mois entiers des pluies continuelles qui ne leur laissaient pas assez d'intervalle pour sécher leurs habits '. Les plaines immenses qu’ils traversaient , entièrement dépourvues d’habi-

(r) Zarate, 4b, IF, cap. à.

4540 tants, ou occupées par les peuplades les plus barbares et les moins industrieuses du Nouveau-Monde, leur fournissaient fort peu de subsistance. Ils étaient obligés de se faire un chemin dans les marais, ou de l'ouvrir dans les bois en coupant les arbres. Des travaux si continus et le défaut de nourriture auraient épuisé la constance de toute espèce de troupes ; mais le courage et la persévérance des Espagnols du seizième siècle étaient à l'épreuve de tout. Toujours séduits par les fausses relations qu’on leur faisait de la richesse des pays qu’ils allaient chercher, ils persistèrent jusqu’à ce qu’ils eussent atteint les bords du Coca ou Napo, une des grandes rivières qui se jettent dans le Maragnon. Là, ils construisirent avec infiniment de peine une barque, qu’ils comptaient devoir leur être d’une grande utilité pour leur faire passer les rivières, leur procurer des provisions et reconnaître le pays. Elle fut montée par cinquante soldats sous le commandement de François Orellana, le premier officier de la troupe après Pizarre. Le cours du fleuve les emporta avec une si grande rapidité qu’ils devan- : cèrent bientôt leurs compagnons, qui les suivaient par terre avec beaucoup de lenteur et de difficulté.

Ilest aban- Éloigné de son commandant, Orellana, jeune Pr homme ambitieux , commença à se regarder comme indépendant, et, transporté de la passion dominante dans ce siècle, il forma le projet de se

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