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dres de son souverain et non pour les altérer et les 4 5^ affaiblir. Cette déclaration sévère fut accompagnée de tout ce qui pouvait la rendre plus intolérable, beaucoup de hauteur dans sa conduite, de l'arrogance , un ton tranchant dans toutes ses discussions , et cette insolence du pouvoir si choquante pour des hommes qui n'étaient pas même accoutumés à accorder à l'autorité civile le respect qui lui est dû. Toute tentative qui avait pour objet de suspendre ou de mitiger les nouvelles lois fut regardée par le viceroi comme suggérée par l'esprit de mécontentement et de rébellion. Il fit arrêter plusieurs personnes considérables, et d'autres furent mises à mort sans forme de procès. Vaea de Castro lui-même, sans égard pour le rang qu'il venait d'occuper et pour le service qu'il venait de rendre en prévenant une révolte générale dans la colonie, fut chargé de chaînes et jeté en prison comme un criminel1.
Mais, quelque générale que fût l'indignation qu'a- Les méconvaient inspirée de tels procédés , il est probable que ^ alez
l'autorité aurait eu encore assez de force pour l'em- pizarre pour pêcher d'éclater avec violence , si les mécontents chef* n'eussent pas trouvé un chef capable par son crédit et son rang de réunir et de diriger leurs efforts. Depuis que les lois nouvelles avaient été connues au Pérou , tous les Espagnols avaient jeté les yeux
(i) Zarate, lib. IV, cap. a3, 24, 20. Gomara, cap. i53, i55. Vega, p. 2 , lib. IV, cap. 4 , 5. Fernandez, lib. I, cap. 6-10.
45W- sur Gonzalez Pizarrc, comme sur le seul liomme capable de détourner les malheurs qui menaçaient la colonie. Il recevait de tous côtés des lettres et des députations par lesquelles on le pressait de se déclarer le protecteur des colons , qui le soutiendraient au péril de leur vie et de leur fortune. Gonzalez , avec moins de talent que ses frères \ avait autant d'ambition et de courage. L'ingratitude de la cour envers sa famille était sans cesse présente à son esprit. Ferdinand était prisonnier d'état en Europe. Les enfants de François, confiés à la garde du nouveau vice-roi , étaient retenus à bord de sa flotte. Lui-même se trouvait réduit à la condition de simple citoyen dans un pays que les Pizarre avaient découvert et conquis pour la monarchie. Ces pensées le poussaient à la vengeance et l'excitaient à défendre les droits de sa famille , dont il se regardait comme le dépositaire et l'héritier. Mais comme un Espagnol se dépouille difficilement de ce respect pour son souverain qui lui est comme naturel, la seule idée de prendre les armes contre les troupes royales lui faisait horreur. Il hésita long-temps, et il restait encore irrésolu, lorsque les violences du vice-roi, le vœu général de ses compatriotes et la certitude de se voir bientôt lui-même victime de la sévérité des lois nouvelles le déterminèrent à quitter Chuquisaca-de-la-Plata , lieu oii il faisait sa résidence, pour se rendre à
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Cusco. Tous les habitants vinrent au-devant de lui 4 5M et le reçurent avec des transports de joie comme le libérateur delà colonie. Dans la première chaleur de leur zèle, ils le nommèrent procureur gênerai de la nation espagnole au Pérou i pour solliciter la révocation des derniers règlements. Ils le chargèrent de présenter leurs remontrances à l'audience royale de Lima , et , sous le prétexte de quelque danger de la part des Indiens , l'autorisèrent à s'y rendre en armes. En vertu de cette nomination , Pizarre s'empara du trésor royal , nomma des officiers f leva des soldats , saisit une grande quantité d'artillerie que Vacade Castro avait mise en dépôt à Guamanga , et s'avança vers Lima comme s'il marchait contre un ennemi public. Les mécontents , réunis dès lors sous un chef d'un nom si distingué, attirèrent bientôt à eux beaucoup de gens de marque, et une partie considérable des troupes levées par le vice-roi contre Pizarre déserta en corps et vint se réunir à l'armée de celui-ci |.
Avant que Pizarre eût atteint Lima, il s'y était Différents opéré une révolution qui disposait les choses en sa enlre f Vlce~
11 roi et les ju-
faveur; de sorte que son succès paraissait assuré, ges de l'au- Autant la violence de l'administration du vice-roi t1lclîce»
(i) Zarate, lib. V, cap. i„ Gomara, cap. i56, 157. Vega,/>. 2, lib. IV \ cap. 4-iqs, Fernandez, lib. /, cap. 11-17. Hcrrera , Dccad. VII, lib. VII, cap. 18, etc. ; lib. VJ//} cap. i-S.
\WW était redoutable aux Espagnols du Pérou, autant sa hauteur insupportable était odieuse aux appuis de son autorité , les juges de l'audience royale. Il y avait eu entre eux quelques symptômes de froideur pendant leur voyage d'Espagne au Pérou1; mais aussitôt qu'ils commencèrent à exercer leurs fonctions respectives , les deux partis s'aigrirent tellement par leurs fréquents débats sur les limites de leur juridiction, et la contrariété de leurs opinions fut telle , que bientôt l'éloignement se changea en haine ouverte. Les juges traversaient le viceroi dans toutes ses mesures , mettaient en liberté les prisonniers qu'il avait fait arrêter, prenaient la défense des mécontents , et applaudissaient à leurs remontrances. Dans une circonstance où les deux parties de l'administration auraient dû être unies pour repousser l'ennemi qui les menaçait, elles se F Le vice-roi disputaient l'une l'autre l'autorité. Les magistrats est emprison- l'emportèrent à la fin. Le vice-roi, universellement v haï , et abandonné même de ses propres gardes , fut saisi dans son palais et conduit à une île déserte sur la côte, pour y être gardé jusqu'à ce qu'on pût l'envoyer en Espagne.
Desseins de Après cette démarche hardie, les juges, s'em- Pizarre. parant de l'autorité suprême, donnèrent une dé-
claration qui suspendait l'exécution des lois dont on se plaignait, et envoyèrent un message à Pizarre
(i) Gomara, cap. 171.