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par le conseil à bord d'un vaisseau, sous la garde 15M de Jean Alvarez , lui-même membre du conseil , pour être conduit en Espagne. Dès que le vaisseau fui hors du port , Alvarez , soit remords ? soit crainte , se jeta aux pieds de son prisonnier, lui déclara que de ce moment il était libre, et que lui-même et tous ceux qui étaient dans le vaisseau étaient prêts à lui obéir comme au représentant légitime de leur souverain. Nugnez de Vêla leur ordonna de le mener à Tumbez. En débarquant il éleva l'étendard royal et reprit ses fonctions de vice-roi, Plusieurs personnes de distinction , que l'esprit de sédition qui régnait à Cusco et à Lima n'avait pas encore gagnées , annoncèrent aussitôt la ferme résolution de le soutenir • . La violence du gouvernement de Pizarre , qui veillait sur les démarches de chaque particulier avec la défiance naturelle à un usurpateur et qui punissait avec rigueur la moindre apparence de mécontentement , augmenta bientôt le nombre des partisans de Nugnez , près duquel plusieurs des colons les plus distingués se virent contraints de chercher un asile. Tandis que les forces du vice-roi grossissaient à Tumbez, au point de former un corps qu'on pouvait regarder comme une armée en Amérique , Diego Centeno , officier actif et 'plein d'audace, poussé à bout par l'op-
(i) Zarate, lib. V, cap. 9. Gomara, cap.ibS. Fernandez, lib.I, ca/>, a3. Herrera, Dccad. VII, lib. VIII, cap. x5.
4 5M pression et les cruautés du lieutenant de Pizarre dans la province de Los-Charcas , trama une conspiration contre lui , le fît périr et se déclara pour le vice-roi * .
\ 51+5 Pizarre , quoique alarmé des mouvements qui
Pizarre mar- s'élevaient aux deux extrémités de l'empire , ne se
ehe contre lui. ^ l
déconcerta point. Il se disposa a soutenir l'autorité dont il s'était emparé avec le courage et la capacité d'un homme accoutumé à commander, et marcha directement contre le vice-roi, le plus redoutable de ses ennemis et le plus voisin. Comme il était maître du trésor public du Pérou, et que le plus grand nombre des Espagnols attachés au service militaire étaient depuis long-temps dévoués à sa famille , ses troupes étaient si nombreuses que le vice-roi, incapable de lui résister, se retira sur Quito. Pizarre le suivit , et , dans cette longue marche, au travers de pays montagneux et déserts, les deux armées eurent à souffrir des fatigues qu'aucune troupe européenne n'aurait pu soutenir4. A peine le vice-roi avait-il atteint Quito que l'avantgarde de Pizarre parut après lui conduite par Cârvajal, qui, quoique âgé de près de quatre-vingts ans, montrait toute l'activité et toute la vigueur d'un jeune soldat. Nugnez de Vêla abandonna im-
(0 Zarate, lib. V, cap. 18. Gomara, cap. 169. Herrera, Decad. Fil, lib. IX, cap. 27.
(2) Voyez la note 3i.