‹ Histoire de l'Amérique (volume 2)Chapitre 118 sur 175 · LIVRE SIXIEME · texte numérisé non relu

LIVRE SIXIEME

minés de ses partisans, qui, sentant comme lui- 4 547 même toute l'étendue de leur crime , désespéraient d'en obtenir le pardon et ne pouvaient échapper à la punition que par le succès de leur audace. Avec eux, il n'hésita pas à attaquer Centeno, quoique 20 octobre, plus fort du double que lui. Les royalistes ne cherchèrent pas à éviter le combat , qui fut le plus obstiné et le plus sanglant qui eût eu lieu jusque là au Pérou. A la fin, la valeur intrépide de Pizarre et la supériorité des talents militaires de Garvajal l'emportèrent sur le nombre : la victoire fut complète , le butin immense * et le traitement des vaincus atroce. Ce succès signalé rétablit la réputation de Pizarre , qui , regardé désormais comme invincible , vit son armée augmenter de jour en jour \

Cependant d'autres événements , en d'autres parties du Pérou, balançaient avantageusement pour Gasca la victoire éclatante de Pizarre à Huarina. Celui-ci avait à peine quitté Lima que les citoyens , las de son gouvernement tyrannique , avaient arboré l'étendard du roi. Aldana, avec un détachement de soldats de la flotte , avait pris possession de la ville. Vers ce même temps 3 le président avait débarqué à Tumbez avec cinq cents hommes. Encou-

(x) Voyez la note 32.

(2)Zarate, lib. VII, cap. 2, 3. Gomara, cap. 181. Vega,^t>. 2, ib. V, cap. 18, etc. Fernandez, lib. II, cap. 79. Herrera, Decad. VIII, lib. IV, cap. 1,2.

(3) Zarate, lib. VI, cap. 1 7 .

15^7 rages par sa présence , tous les pays voisins de la mer s'étaient déclarés pour le roi , et la situation respective des parties était tout-à-fait changée. Cusco et les provinces adjacentes étaient au pouvoir de Pizarre ; tout le reste de l'empire , depuis Quito , au sud, reconnaissait l'autorité de Gasca. Le président, voyant son armée se renforcer rapidement, s'avança dans l'intérieur du pays. Sa conduite était toujours douce et modeste. Il témoignait en toute occasion un désir ardent de terminer la querelle sans effusion de sang. Plus occupé de ramener les rebelles que de les punir, il ne reprochait à personne ses fautes passées , et recevait ceux qui se présentaient comme un père accueille des enfants qui rentrent dans leur devoir. Mais le désir sincère qu'il montrait de la paix ne l'empêchait pas de faire avec activité ses préparatifs de guerre. Il indiqua pour rendez-vous général de ses troupes la fertile vallée H s'avance de Xauxa, sur la route de Cusco '. Il s'arrêta quelvers Cusco. qUes niois en cet endroit , non-seulement pour ten-

29 décembre.

ter de nouveau un accommodement avec Pizarre, mais pour exercer ses nouveaux soldats et les accoutumer à la discipline avant de les conduire contre un corps victorieux de vétérans. Pizarre , enivré du succès qui avait jusque là accompagné ses armes, et fier d'avoir encore près de mille soldats sous ses ordres, refusa d'entendre aucune proposition, quoi-

(1) Zarate, lih. VU, cap. 9. Fernande/, lib. Il, cap. 77, 82.

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