LIVRE SIXIÈME
que Gepeda avec plusieurs de ses officiers et Garva- 15'I7
jal lui-même1 fussent d'avis d'accepter les offres
du président, c'est-à-dire une amnistie générale
et la révocation des lois dont on se plaignait a. La
Gasca, ayant tout fait pour éviter de tremper ses
mains dans le sang de ses concitoyens, se mit en 29 décembre.
marche pour Cusco , . à la tête de seize cents
hommes.
Pizarre , se tenant assuré de la victoire , laissa les ^ 5^8 royalistes passer sans obstacle toutes les rivières qui parljs se pi^ coulent entre Guamanga et Cusco et s'avancer jus- parent au qu'à quatre lieues de cette capitale , se flattant que leur défaite , dans une situation qui leur rendait la retraite impossible , terminerait la guerre en un coup. Il s'avança alors à la rencontre de l'ennemi; 9 avriI- Carvajal choisit le terrain et disposa les troupes avec le discernement et les profondes connaissances militaires qui distinguaient toutes ses opérations. Les deux armées s'avançant lentement l'une contre l'autre présentaient chacune un spectacle singulier. Dans celle de Pizarre, composée d'hommes enrichis des dépouilles du pays le plus opulent de l'Amérique, tous les officiers et jusqu'aux simples soldats étaient habillés d'étoffes de soie ou de brocarts, et couverts de broderies d'or et d'argent. Leurs chevaux , leurs armes , leurs drapeaux,
(1) Voyez la note 33.
(2) Zarate, lié. VU, cap, 6. Vega, p. 2, lib. V, cap. 27.