‹ Histoire de l'Amérique (volume 2)Chapitre 123 sur 175 · LIVRE SIXIEME. Q · texte numérisé non relu

LIVRE SIXIEME. Q

publie, l'indignation fut aussi grande que l'avait 1548 prévu La Gasca. La vanité, l'avarice , la jalousie. i)ar cetle

\ .111 i tribution,

lenvie , la honte, la rage et toutes les passions qui agitent les hommes avec le plus de véhémence , lorsque leur honneur et leur intérêt sont compromis, tout concourut à en augmenter la violence. Elle éclata avec toute la fureur de l'insolence militaire. La Gasca fut ouvertement en butte à la calomnie, aux menaces et aux malédictions. On l'accusa d'ingratitude, de partialité et d'injustice. Parmi des soldats toujours prêts à en venir aux armes , ces discours séditieux auraient été bientôt suivis de violences. Déjà ils commençaient à chercher quelque chef mécontent qui se mît a leur tête pour demander le redressement de leurs griefs. Mais quelques actes de vigueur du gouvernement faits a propos arrêtèrent cet esprit de mutinerie, et la guerre civile fut éloignée pour le moment \

La Gasca cependant, considérant que le feu 15^9 était plutôt couvert qu'éteint , travailla avec la plus r^/ ^ grande assiduité à adoucir les mécontents en donnant aux uns des gratifications considérables , en promettant aux autres des repartimientos lorsqu'il y en aurait de vacants, en les caressant et les flattant tous; mais, afin d'établir la tranquillité publi

(i) Zarate, lib. VU, cap. 9. Gomara, cap. 187, Vega., p 2, tib. . VU, cap. j , etc. Fornandez, p. 2, lib. ] , cap. r , etc. If errera,' De cad. FHI, lib. [V, cap. ry, etc.

-15*19 que sur des fondements plus solides que les dispositions passagères qu'il leur inspirait, il travailla à fortifier l'autorité de ses successeurs dans l'emploi qu'il occupait, en rétablissant une administration régulière dans toutes les parties de l'empire. Il introduisit l'ordre et la simplicité dans la perception des revenus du roi. Il fit des règlements sur le traitement des Indiens, pour les mettre à l'abri de l'oppression et les faire instruire dans les principes de la religion , sans priver les Espagnols du bénéfice qu'on pouvait retirer de leurs travaux. Après avoir ainsi rempli sa mission, La Gasca, désirant de retour- \ 550 ner à la vie privée, commit le gouvernement du Pérou

Et part pour à l'audience royale , et fît voile pour l'Espagne. Comme , durant l'anarchie et les troubles des quatre dernières années, il n'avait été fait aucune remise au trésor du roi , il emportait avec lui treize cent mille pesos épargnés sur le revenu public par son économie et le bon ordre de son administration, après avoir payé toutes les dépenses de la guerre.

Comment il H fut reçu dans sa patrie avec l'admiration uniy es reçu. verseHe qUe méritaient ses talents et des vertus aussi pures que celles dont il venait de donner des preuves si éclatantes. Sans armée, sans flotte, sans argent, avec un train si modeste qu'il n'en coûta à l'état que trois mille ducats pour l'équiper l , il

(i) Fernande^, lïb. Il, cap. 18.

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