LIVRE SEPTIÈME
nements passés, et qui considérait comme une partie essentielle de l'éducation le soin d'apprendre aux enfants les chansons historiques qui célébraient les exploits de leurs ancêtres1, a laissé s'affaiblir ainsi et se perdre presque entièrement la mémoire des anciens événements de son histoire. D'un autre coté, si nous nous en tenons a l'opinion de la nation ellemême sur la nouveauté de son origine, il n'est pas plus aisé de comprendre les progrès qu'elle avait faits vers la civilisation, ni l'étendue de sa domination au temps de l'invasion des Espagnols. L'enfance des nations est si longue, et lors même que toutes les circonstances sont favorables à leurs progrès , il leur faut tant de temps pour acquérir quelque force, et se donner une forme de gouvernement, que, d'après la nouveauté de l'origine de l'empire des Mexicains, on ne peut s'empêcher de soupçonner fortement une grande exagération dans les descriptions avantageuses qu'on nous a données de leur gouvernement et de leurs mœurs.
Mais ce n'est pas d'après la théorie ou de simples Fails qui
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coniectures qu un historien peut déterminer 1 état l , ,
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politique et le caractère d'une nation. Il ne peut Mexicains fonder que sur des faits les jugements qu'il se ha- yeralacwm-
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sarde a prononcer. En recueillant ceux qui peuvent nous guider dans cette recherche, on en trouve qui semblent indiquer chez les Mexicains de grands
(t) Herrera, Decad. III, lïb. II, cap. 18.
progrès de civilisation , tandis que d'autres pourraient nous faire regarder ces peuples comme n'étant guère plus avancés que les tribus sauvages dont ils étaient environnés. Nous mettrons les uns et les autres sous les yeux de nos lecteurs, afin qu'en les comparant ils puissent former eux-mêmes leur opinion. Droit de Le droit de propriété privée était parfaitement propriété éta- connu et établi dans toute son étendue chez les Mexi-
bli chez les ^x 1 1 • -i
Mexicains cains- Nous avons vu que chez plusieurs tribus sauvages cette notion d'un droit exclusif à la possession d'un objet était presque inconnue, et que dans toutes elle était très bornée et très confuse. Mais au Mexique , où l'agriculture et l'industrie avaient fait quelques progrès, la distinction de la propriété foncière et usufruitière , territoriale et mobilière, était établie. Ces diverses espèces de propriétés pouvaient se transporter par l'échange ou la vente, et se transmettre par voie de succession. Tout homme libre avait une propriété en terre, qui pouvait être cependant possédée à différents titres. La possession était quelquefois pleine et entière , et elle se transmettait à des héritiers. Quelquefois elle était attachée à quelque office ou dignité, et se perdait quand on cessait d'en jouir. Ces deux modes de posséder étaient regardés comme nobles, et étaient particuliers aux citoyens des plus hautes classes. Le gros de la nation tenait les ferres d'une manière très