‹ Histoire de l'Amérique (volume 2)Chapitre 13 sur 175 · LIVRE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE CINQUIÈME

cette tentative généreuse et inutile pour le salut de 4 520 leur pays '. Dès que les Espagnols furent maîtres de la tour ils y mirent le feu et continuèrent, sans rencontrer d'obstacle les préparatifs pour leur retraite.

Elle devenait d'autant plus nécessaire que les Les Espa- Mexicains , étonnés de ce dernier effort de valeur ^no a)a"~

donnent la

des Espagnols, commençaient à changer de plan, ville, et, au lieu de continuer leurs attaques, barricadaient les rues et rompaient les chaussées pour couper la communication avec le continent , et affamer un ennemi qu'ils ne pouvaient forcer. Les Espagnols eurent d'abord à délibérer s'ils se mettraient en marche en plein jour afin de pouvoir reconnaître tous les dangers , régler leurs mouvements et opposer une résistance mieux concertée aux attaques de l'ennemi , ou s'ils tenteraient de s'échapper après le coucher du soleil. On préféra le dernier parti , tant par l'espérance que la superstition ordinaire des Mexicains les empêcherait d'agir pendant la nuit, que par un effet de la confiance des troupes dans les prédictions d'un soldat qui, ayant pris un grand crédit sur ses compagnons par quelques connaissances superficielles et par son prétendu savoir en astrologie , leur promettait hardiment un succès assuré , s'ils choisissaient ce temps

(i) Clavigero conteste l'exactitude de cet incident, que Robertson rapporte d'après Solis ; avec d'autant plus de raison qu'il n'en est fait aucune mention ni dans les lettres de Cortez lui-même, ni dans Bern. Diaz, ni dans Gomara, ni dans les autres historiens espagnols. (D. L. R.)

4520 pour leur retraite. On se mit donc en marche, vers minuit , en trois divisions. Sandoval commandait l'avant-garde, Pedro de Alvarado et Velasquez de Léon l'arrière-garde, et Cortez le centre , où étaient placés les prisonniers , parmi lesquels étaient un fils et deux filles de Montézuma et quelques Mexicains de distinction. On y avait placé aussi l'artillerie , le bagage , et on avait un pont volant de bois pour traverser les parties de chaussées rompues !. On suivit dans un profond silence la chaussée qui conduisait à Tacuba 2 , parce qu'il y avait par là moins de distance de la ville au continent, et que cette chaussée étant plus éloignée de la route de Tlascala et de la mer , les Mexicains l'avaient moins endommagée que les autres. Les Espagnols la suivirent sans être inquiétés jusqu'au premier endroit où elle était rompue, se flattant que l'ennemi ne s'était pas aperçu de leur retraite, ils sont atta- Mais les Mexicains , sans se montrer , avaient qucs par es non seuienient sinvi tous les mouvements des Espa-

Mexicains. r

gnols , mais préparé une attaque terrible. Tandis que ceux-ci s'occupaient à établir leur pont et à faire passer leurs chevaux et leur artillerie , ils furent tout à coup alarmés par le son d'un grand nombre d'instruments guerriers et par les cris d'une

(i) Les troupes auxiliaires de Tlascala, Chempoalla et Cholula qui s'élevaient alors à plus de sept mille hommes, étaient réparties entre }es trois divisions. Voir Stor. ant. del Mess. liv. IX. (D. L. K.)

(2) A Tlaconan, suivant Clavigero. (D. L. R.)

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