LIVRE SEPTIÈME. 3oQ
ne peut tirer avec certitude aucune conséquence contre leur civilisation. Car les nations conservent des systèmes de superstition fondés sur les absurdes notions des premiers âges de leur formation , longtemps après que leurs idées ont commencé à s'étendre et leurs mœurs à se polir. D'après l'esprit de la religion du Mexique, nous pouvons néanmoins nous former une idée de son influence sur le caractère du peuple qui la pratiquait. La superstition s'y montrait sous un aspect sombre et atroce. Leurs divinités y étaient environnées de la terreur, et se plaisaient dans la vengeance. Elles étaient représentées au peuple sous les formes les plus capables d'inspirer l'horreur ' . Les temples étaient décorés de figures de serpents , de tigres et d'autres animaux destructeurs. La crainte était le seul sentiment qui animait leurs dévots. Les jeûnes, les mortifîcatious , les pénitences , poussés aux excès les plus cruels , étaient les moyens qu'ils employaient pour apaiser la colère de leurs dieux, et ils n'approchaient jamais de leurs autels sans les teindre de leur propre sang. De toutes les offrandes les sacrifices humains étaient celles qu'ils croyaient le plus agréables à ces dieux. Cette croyance religieuse se joignant à un esprit de vengeance implacable, et y ajoutant une force nouvelle, tous les prisonniers de guerre étaient conduits au temple , offerts comme des victimes à la divinité et
(i) Voyez la note 54.