III
3lO HISTOIRE DE L'AMERIQUE.
sacrifiés avec des cérémonies aussi solennelles que pleines de cruauté '. Le cœur et la tête de la victime étaient la part consacrée aux dieux. Le guerrier qui s'était rendu maître du prisonnier emportait le corps pour s'en repaître dans un festin avec ses amis. Sous l'empire de ces idées funestes et terribles, accoutumé à verser le sang et à voir ces effroyables scènes consacrées par la religion, l'homme devait s'endurcir, et son cœur se fermer à tout sentiment d'humanité. Aussi les Mexicains étaient-ils féroces et impitoyables. L'esprit de leur religion balançait si fortement l'influence de la police et des arts , que , malgré les progrès qu'ils y avaient faits, leurs mœurs au lieu de s'adoucir en étaient devenues plus féroces. L'histoire de ce peuple ne nous «est pas assez connue pour que nous sachions quelle cause avait donné à leur superstition ce caractère de cruauté ; mais l'influence de leur religion est évidente, et avait produit chez eux des effets singuliers dans l'histoire de l'esprit humain , puisque les mœurs du peuple du Nouveau - Monde le plus avancé dans la civilisation 2 étaient plus féroces , et quelques-unes de leurs coutumes plus barbares, que celles des nations sauvages du reste de l'Amérique.
L'empire du Pérou se vante d'une plus haute an-
des Péruviens
(r) Cortez, Relat. ap. Ramus. III, 240, etc. B. Diaz, cap. 28. Acosta, lib. V, cap. i3, etc. Herrera , Decad. III, lib. II cap. i5 , etc. Gomara, Cron. cap. 80 , etc. Voyez la note 55. (2) Voyez la note 56.
Prétentions