LIVRE SEPTIEME. 3 I I
tiquité que celui du Mexique : selon les traditions sur la grande recueillies par les Espagnols , il avait subsiste quatre fncienncle de
1 a c i leur cmpipe.
cents ans sous douze monarques successifs ; mais les Péruviens n'ont pu communiquer à leurs conquérants que des connaissances très imparfaites et très incertaines de leur ancienne histoire '. Ils ignoraient, comme les autres nations de l'Amérique, l'art d'é- Incertaines. crire, et manquaient du seul moyen par lequel on peut conserver avec quelque exactitude la mémoire des événements. Chez les peuples même où l'art de l'écriture est connu, l'époque où l'histoire commence à prendre quelque authenticité est de beaucoup postérieure à cette utile invention qui a servi longtemps aux usages ordinaires et communs de la vie , avant d'être employée à fixer le souvenir des faits pour le transmettre d'un siècle à l'autre. Mais la tradition seule n'a jamais transmis les connaissances historiques d'une manière suivie et régulière durant un période aussi long que celui qu'on donne à la durée de la monarchie du Pérou.
Les quipos , ou nœuds de cordons de différentes couleurs que des écrivains , amateurs du merveil- Insuffisance leux , nous donnent comme les annales régulières f, l ]en lon
7 D des quipos.
de l'empire, ne suppléaient que très imparfaitement à l'écriture. Selon la description obscure qu'en fait Acosta2, adoptée par Garcilaso de la Vega, qui n'a presque fait que la copier, les quipos paraissent n'a-
(i) Voyez la note 57. (2) Hist. lib. VI, cap. 8.
voir été qu'un moyen de calculer plus vite et plus sûrement. Les couleurs différentes exprimaient les différents objets, et chaque nœud un nombre particulier. On prenait ainsi note et on tenait une espèce de registre du nombre d'habitants de chaque province et de ses différentes productions qu'on rassemblait dans des magasins pour le service de la nation ; mais comme ces nœuds , de quelque manière qu'ils fussent variés et combinés, ne pouvaient représenter aucune idée abstraite, et ne pouvaient peindre ni les opérations , ni les qualités de l'esprit , ils étaient de peu d'utilité pour conserver la mémoire tant des anciens événements que des institutions politiques. Les peintures imparfaites et les symboles grossiers des Mexicains pouvaient servir mieux à cet usage. Quand les quipos auraient été plus utiles pour conserver l'histoire , et plus propres à suppléer à l'écriture, ils ont été si entièrement détruits, ainsi que tous les autres monuments de l'industrie des Péruviens , dans la dévastation générale causée par la conquête et par les guerres civiles qui l'ont suivie, qu'aucune lumière ne peut nous venir de ce coté-là. Tout le zèle de Garcilaso de la Vega pour la gloire de la race des monarques dont il descendait , toute l'activité de ses recherches et les grandes facilités qu'il avait pour les suivre ne lui ont pas fait connaître une seule source où n'eussent pas puisé les auteurs espagnols qui avaient écrit avant lui. Dans son Corn-