LIVRE CINQUIÈME. '^'J
quelques ordres nécessaires, ses yeux étaient mouillés \ 520 de larmes. Ses soldats virent avec une grande satisfaction que les occupations qu'exigeaient les devoirs de sa place ne fermaient point son ame aux sentiments de l'humanité.
Cette fatale retraite coûta la vie a plusieurs of- Leurs pertes. ficiers de distinction ' , et entre autres à Velasquez de Léon , qui , ayant abandonné le parti de son parent, le gouverneur de Cuba , pour suivre la fortune de ses compagnons , était regardé comme la seconde personne de l'armée , tant pour le sacrifice qu'il avait fait que pour son mérite supérieur. Toute l'artillerie fut perdue , ainsi que les munitions et le bagage. Presque tous les chevaux et plus de deux mille Tlascalans furent tués 2. Les Espagnols ne sauvèrent qu'une très petite portion de leurs trésors amassés par tant de travaux. Ces richesses même, le but presque unique de leur expédition , avaient été la principale cause de leur malheur ; car plusieurs soldats s'étaient tellement chargés d'or , qu'il leur avait été impossible de combattre, et que, retardés dans leur fuite , ils avaient péri victimes d'une avidité aussi inconsidérée que honteuse. Parmi ces désastres, ce fut pour les Espagnols une consolation qu'Aguilar et Marina, qui leur étaient si néces-
(1) Voyez la note 4.
(2) Suivant Gomara le nombre des Indiens auxiliaires qui périrent dans cette retraite s'éleva à plus de quatre mille, et parmi eux tous les Cholulans. (D. L. K.)