LIVRE SEPTIEME
proportionnée aux besoins de l'état, l'industrie et l'esprit d'invention des Péruviens ne se déployaient avec quelque activité que pour remédier a certains inconvénients particuliers à leur climat et à leur sol. Toutes les grandes rivières qui coulent des Andes dirigent leur cours vers l'est , jusqu'à l'océan Atlantique. Le Pérou n'est arrosé que par quelques cours d'eau qui descendent des montagnes comme des torrents. Les parties basses sont presque toutes sablonneuses et stériles, et la pluie ne les humecte jamais. L'industrie des Péruviens avait imaginé différents moyens pour rendre ces terres fertiles. Ils avaient fait, avec beaucoup d'adresse et de patience, des canaux artificiels qui distribuaient à leurs champs , d'une manière régulière , les eaux de ces torrents '. Ils amélioraient leur sol en y répandant la fiente des oiseaux de mer dont toutes les îles répandues le long de leurs cotes sont couvertes2. Dans le tableau d'une nation entièrement civilisée, ces pratiques attireraient à peine notre attention ou ne devraient être mentionnées que d'une manière superficielle ; mais dans l'histoire du Nouveau-Monde, où nous ne trouvons que des hommes dépourvus de prévoyance, elles sont dignes d'être remarquées comme des preuves frappantes d'art et d'industrie. L'usage
(i) Zarate, lib. I, cap. 4. Vega, lib. V, cap. 1 et 24. (2) Acosta, lib. IV, cap. 37. Vega, lib. f% cap. 3. Voyez la note 6 1 .