‹ Histoire de l'Amérique (volume 2)Chapitre 170 sur 175 · LIVRE SEPTIÈME. 35q · texte numérisé non relu

LIVRE SEPTIÈME. 35q

villes les plus belles , les plus peuplées et les plus riches de l'Amérique. Il y a cependant lieu de croire qu'elle est arrivée à son plus haut période , et que le changement de système de la cour d'Espagne pour la conduite du commerce avec l'Amérique , en la privant de la visite des galions , la fera déchoir au moins temporairement. Mais les richesses qui y sont déjà rassemblées pourront trouver quelque nouvelle destination et prendre une route jusqu'à présent négligée. Son port est si sûr et si bien situé pour recevoir les marchandises d'Europe ? ses négociants ont tellement l'habitude de les fournir à toutes les provinces adjacentes , qu'il est probable qu'elle retiendra encore cette branche de commerce, et qu'elle continuera à être une ville d'une grande importance.

La province contiguë à Sainte-Marthe , en allant Venezuela, à l'est , fut visitée pour la première fois dans l'année i499 ' Par Alphonse d'Ojeda. Les Espagnols à leur débarquement , voyant quelques huttes que les Indiens avaient établies sur des pieux pour les élever au-dessus des eaux stagnantes qui couvraient la plaine , donnèrent au pays le nom de Venezuela, ou petite Venise, d'après leur penchant ordinaire à trouver des ressemblances entre ce qu'ils découvraient en Amérique et ce qu'ils connaissaient en Europe. Ils firent quelques tentatives pour s'y éta-

(1) Tom. I, p. 194 .

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blir, mais sans succès. Ils en devinrent enfin les maîtres par des moyens bien différents de ceux qui les ont mis en possession de leurs autres domaines du Nouveau-Monde. L'ambition de Charles Y l'engagea souvent dans des projets si multipliés et si vastes que ses revenus ne suffisaient pas pour les dépenses de l'exécution. Parmi d'autres expédients qu'il employa pour y suppléer, il avait emprunté de grosses sommes des Yelsers d'Augsbourg, qui étaient alors les plus riches négociants de l'Europe. Pour leur paiement, et peut-être pour en obtenir de nouveaux secours, il leur concéda la province de Venezuela pour la tenir en fief héréditaire de la couronne de Castille , à la condition qu'ils se rendraient maîtres du pays , et qu'ils y établiraient une colonie. On devait espérer que sous la direction de négociants aussi éclairés , un établissement serait formé sur des principes très différents de ceux qui avaient été adoptés par les Espagnols , qu'on y encouragerait davantage les progrès d'une industrie utile, sources véritables de l'opulence et de la prospérité d'un pays. Mais malheureusement ils confièrent l'exécution de leur plan à quelques-uns des soldats de fortune dont l'Allemagne était remplie au seizième siècle. Ces aventuriers , avides de s'enrichir, afin de pouvoir abandonner promptement un pays dont le séjour leur parut bientôt très désagréable, au lieu d'y établir une colonie pour culti-

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