‹ Histoire de l'Amérique (volume 2)Chapitre 43 sur 175 · LIVRE CINQUIÈME. q · texte numérisé non relu

LIVRE CINQUIÈME. q

celles que les Espagnols eussent jusque là découvertes a p -z en Amérique. Il détacha ses principaux officiers dans les provinces éloignées et les encouragea à s'y établir, non -seulement en leur faisant de grandes concessions de terre, mais encore en leur accordant sur les Indiens la même autorité et le même droit d'en exiger des services que les Espagnols s'étaient attribués dans les îles.

Ce ne fut pas cependant sans difficulté que l'em- Révolte des

i-n/r- * r i • n c i • Mexicains et

pire du Mexique lut réduit a former une colonie cruauté des espagnole. Ce peuple, poussé à bout par l'oppres- Espagnols. sion , oublia souvent la supériorité des Espagnols, et courut aux armes pour recouvrer sa liberté ; mais la discipline et la valeur des Européens l'emportèrent partout. Malheureusement pour la gloire de l'Espagne , les vainqueurs souillèrent leur victoire par la manière dont ils traitèrent le peuple vaincu. Aussitôt qu'ils furent maîtres de la capitale et de la personne de Guatimosin, ils supposèrent que le roi de Castille entrait dès ce moment en possession de tous les droits du monarque prisonnier, et affectèrent de considérer les moindres efforts des Mexicains pour assurer leur indépendance comme une rébellion de vassaux contre leur souverain ou une révolte d'esclaves contre leur maître. Sous le prétexte de ces maximes absurdes , ils violèrent tous les droits de la guerre entre les nations. A chaque mouvement d'une province , ils y réduisaient le peuple à la plus

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i 5gi humiliante des conditions , la servitude personnelle. Les chefs , regardés comme plus criminels, étaient mis à mort par les supplices les plus honteux et les plus cruels que pussent imaginer l'insolence et la férocité du vainqueur. Partout les progrès des Espagnols étaient marqués par des traces de sang et par des actions d'une atrocité révoltante. Dans la province de Panuco , soixante caciques ou chefs et quatre cents nobles furent brûlés vifs à la fois , et cette exécrable barbarie ne fut pas commise dans un moment d'emportement , ni par un subalterne; elle fut l'ouvrage de Sandoval, officier dont le nom tient le premier rang après celui de Cortez dans les annales de la INouvelle-Espagne , et elle avait été concertée avec Cortez lui-même. Pour mettre le comble à l'horreur de cette scène, on assembla les parents et les enfants de ces malheureuses victimes , et on les força d'être les témoins de leur supplice1. Il paraît impossible d'ajouter à ces excès : ils furent cependant suivis d'une atrocité qui révolta les Mexicains plus fortement encore , en leur faisant sentir tout leur avilissement et le mépris insultant de leurs vainqueurs pour l'ancienne dignité de leur empire. Sur un léger soupçon , appuyé de témoignages sans force , que Guatimosin avait formé le projet de secouer le joug et d'exciter ses anciens sujets à prendre les armes , Cortez , sans

(t) Cortez, Relat. 291. C. Gomara, Cron. cap. i55.

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