‹ Histoire de l'Amérique (volume 2)Chapitre 44 sur 175 · LIVRE CINQUIÈME. Çj · texte numérisé non relu

LIVRE CINQUIÈME. Çj

forme de procès , fît pendre le malheureux inonar- 1522 que et les caciques de Tezcuco et de Tacuba, les deux personnes les plus qualifiées de l'empire. Les Mexicains virent avec horreur et étonnement ce supplice honteux infligé à des personnes qu'ils respectaient presque à l'égal de leurs dieux1. L'exemple de Cortez et de ses principaux officiers encouragea les moindres Espagnols à commettre les plus grands excès. Nuno de Gusman en particulier ? dans plusieurs expéditions qu'il commanda , déshonora un nom illustre par un grand nombre d'actions cruelles3.

Une circonstance paraît avoir sauvé les Mexicains de l'entière destruction que les Espagnols avaient portée dans les îles. Les premiers conquérants du Mexique n'entreprirent pas d'y fouiller les mines. Ils n'avaient ni les fonds pour les avances des grands travaux par lesquels on pénètre jusqu'à ces profondeurs où la nature a caché les métaux précieux ? ni la connaissance des procédés au moyen desquels on sépare le métal de sa mine. Ils se contentèrent de la méthode plus simple , pratiquée par les Indiens, de laver les terres entraînées des montagnes parles rivières et les torrents, et d'en retirer les grains d'or qu'on y trouve. Les riches mines de la

(1) Gomara, Cron. cap. 170. B. Diaz, ckap. 177. Herrera, Décade III, lib. VIII, cap. 9. Voyez la note 8. (aj Herrera, Decad, IV et V, passim.

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^522 Nouvelle-Espagne, qui ont depuis versé tant de richesses sur le globe, ne furent découvertes que plusieurs années après la conquête \ A cette époque l'Espagne avait déjà établi au Mexique un gouvernement mieux réglé et plus humain. L'expérience , fruit des premières fautes , avait suggéré aux conquérants beaucoup de lois utiles et douces en faveur des Indiens; et, quoiqu'on augmentât le nombre de ceux qui travaillaient aux mines, espèce de travail la plus funeste à l'homme, ils souffrirent moins de maux et moins de dépopulation que les îles n'en avaient souffert des exploitations moins étendues mais plus mal réglées des premiers conquérants.

La grande mortalité des Indiens fit évanouir aussi les espérances de leurs nouveaux maîtres. Les travaux des mines , mal conduits, rapportèrent peu de richesses aux entrepreneurs; et, comme on le remarque dans les nouveaux établissements , les dangers et les difficultés furent pour les premiers colons , tandis que le fruit de leurs travaux et de leurs succès , réservé à des temps plus tranquilles , fut recueilli par des successeurs qui avaient plus d'industrie avec moins de mérite. Les premiers historiens de l'Amérique nous parlent sans cesse des maux qu'eurent à souffrir ses conquérants et de leur extrême pauvreté2. Dans la Nouvelle-Es-

(1) Herrera, Decad. VIII, lib. X, cap. 21.

{2) Cortez, Relat.p. 283. F. B. Diaz, chap. 209.

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