‹ Histoire de l'Amérique (volume 2)Chapitre 62 sur 175 · LIVRE SIXIÈME. I · texte numérisé non relu

LIVRE SIXIÈME. I

ter dans sa marche. Les Espagnols en s'avançant 1552 apprirent quelque chose de la division qui partageait le royaume; mais ils n'en furent bien instruits que par des envoyés d'Huascar à Pizarre i à qui ce prince demanda du secours contre Atahualpa comme contre un rebelle et un usurpateur \ Pizarre comprit d'abord l'importance de cette ouverture, et prévit si nettement tous les avantages qu'il pouvait retirer de la guerre civile qui divisait le royaume , que, sans attendre le renfort qui devait lui arriver de Panama, il se détermina à s'avancer pendant que la discorde intérieure mettait les Péruviens dans l'impossibilité de l'attaquer avec toutes leurs forces , espérant lui-même qu'en prenant la défense de l'un des compétiteurs, selon les circonstances , il pourrait plus aisément les opprimer tous les deux. Quoique la valeur et l'audace fussent les qualités distinctives des Espagnols de ce siècle, et que Pizarre possédât ces qualités au plus haut degré , nous ne pouvons guère supposer qu'après s'être avancé jusqu'à ce moment avec beaucoup de lenteur et de précaution , il n'eût pas eu un motif nouveau pour changer si subitement son système d'opérations, et pour embrasser un plan si hardi et si dangereux.

Comme il était obligé de partager ses troupes , État de ses afin de laisser à Saint-Michel une garnison suffisante pour défendre ce poste aussi important comme

(x) Zarate, lié. II, cap. 3.

Page 1