III. Q
l34 HISTOIRE DE L AMÉRIQUE.
1532 place de retraite1, en cas d'événement , que comme port où devaient arriver les secours qu'il attendait de Panama , il commença sa marche avec une troupe peu considérable et en assez mauvais état. Elle consistait en soixante-deux cavaliers 2 et cent deux fantassins, dont vingt étaient armés d'arquebuses et trois de mousquets. Il dirigea sa route sur Caxamalca , petite ville à douze journées de distance de Saint-Michel, et où Atahualpa était campé avec une grande partie de ses troupes. Il n'avait fait encore que peu de chemin , lorsqu'un officier dépêché par l'incas vint à sa rencontre avec un riche présent de ce prince, qui lui offrait son amitié et le faisait assurer qu'il serait bien reçu à Caxamalca. Pizarre, employant l'artifice déjà mis en usage par ses compatriotes en Amérique , se donna pour l'ambassadeur d'un prince puissant, et déclara qu'il s'avançait avec l'intention d'offrir à Atahualpa son secours contre les ennemis qui lui disputaient le trône 5.
Opinions des Les Péruviens, ne pouvant se faire aucune idée crimens sur ^ véritable objet que les Espagnols avaient en vue
les projets des j t. r d
Espagnols. en entrant dans leur pays, s'épuisaient en conjectures. Devaient-ils regarder ces étrangers comme des êtres d'une nature supérieure qui venaient à
(r) Il y laissa 55 hommes et en partit le 24 septembre x53a ; Art de vérifier les dates, t. X, p. 2 1 13 (D. L. R.)
(2) Voyez la note i5.
(3) Herrera, Decad. F, lib. I, cap. 3. Xérès,/?. 189.