III. IO
l5o HISTOIRE DE l'aMÉRIQUE.
1533 Tumbès en 1 £27 pour lui servir d'interprète. Cette fonction mettant Philippillo à portée de voir familièrement et fréquemment le monarque prisonnier, il osa, malgré la bassesse de sa naissance , porter ses vœux jusqu'à une Coja ou fille du soleil, l'une des femmes d'Atahualpa; et, ne voyant aucune espérance de l'obtenir tant que le monarque vivrait, il conçut le projet d'engager les Espagnols à lui ôter la vie, en leur donnant des alarmes sur les desseins secrets de leur prisonnier, et en leur parlant sans cesse des préparatifs qu'il faisait contre eux.
Tandis* qu'Almagro et ses compagnons demandaient ouvertement la mort de l'incas , et que Philippillo travaillait en secret à le perdre, ce malheureux prince contribuait lui-même imprudemment à hâter sa perte. Durant sa captivité il avait conçu un attachement particulier pour Ferdinand Pizarre et Fernand Soto, qui, ayant reçu une meilleure éducation que les autres aventuriers, se conduisaient à son égard avec plus de décence et d'attention. Adouci par le respect que lui montraient ces officiers d'un rang distingué parmi les Espagnols , il se plaisait dans leur société ; mais en présence du gouverneur il était timide et contraint. A la crainte se joignit bientôt le mépris pour Pizarre. Parmi les arts de l'Europe, celui de lire et d'écrire excitait sa plus grande admiration. Il cherchait depuis long-temps à découvrir si c'était un talent acquis