LIVRE SIXIÈME. I C
dominant,, ne conservaient plus aucune espérance 1S»M d'améliorer leur sort. Un grand nombre d'entre eux s'étaient retirés à Lima, où la maison du jeune Almagro leur était toujours ouverte. La petite portion de la fortune du père, que le gouverneur avait laissée au fils , était employée à les faire subsister. L'attachement que tous ceux qui avaient servi sous Almagro lui avaient montré s'était porté sur son fils, qui venait d'atteindre l'âge de virilité, et qui était doué de toutes les qualités propres à captiver l'affection des soldats. D'une figure agréable, adroit Les mécon-
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a tous les exercices du corps, hardi , d un caractère , . A1
* 7 le jeune Aima
ouvert et généreux, il semblait né pour commander; gro pour leur et comme son père avait reconnu en lui-même les c V ' inconvénients du manque d'éducation , il l'avait fait instruire avec soin : les connaissances qu'il avait acquises augmentaient le respect qu'avaient pour lui des aventuriers, la plupart ignorants, sur lesquels il avait à cet égard une grande supériorité. Les partisans d' Almagro trouvèrent dans ce jeune homme un centre de réunion dont ils avaient besoin, et, le regardant comme leur chef, ils étaient disposés à tout entreprendre pour le servir. Mais leur affection pour Almagro n'était pas leur unique motif. Il s'y joignait le désir de sortir de la fâcheuse situation où ils étaient. Plusieurs d'entre eux manquant de tout » , et las de traîner une vie
(ij Voyez la note 29.
1Ç)6 HISTOIRE DE l'aMERIQUE.
\5m à charge à leur chef, ou à ceux de leurs compagnons qui avaient pu dérober quelques débris de leur fortune aux confiscations et aux violences des Pizarre , attendaient avec impatience une occasion d'exercer leur courage et leur activité. Ils commencèrent à délibérer sur les moyens de se venger de l'auteur de leurs maux. Leurs complots ne demeurèrent pas entièrement ignorés , et le gouverneur fut averti de se tenir sur ses gardes contre des ils conspi- hommes qui paraissaient méditer quelque action rent contre la (j(^sesp^r^e et qui avaient assez de résolution pour
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l'exécuter. Mais , soit intrépidité naturelle , soit mépris pour des gens que leur pauvreté même lui paraissait mettre hors d'état de rien entreprendre de considérable , il négligea les avertissements de ses amis. « Soyez tranquilles, leur disait-il, je serai en sûreté tant qu'il n'y aura personne au Pérou qui ne sache que je puis en un moment ôter la vie à celui qui oserait concevoir le projet d'attenter à la mienne». Cette sécurité donna aux partisans d'Almagro tout le temps de laisser mûrir leur projet , et Jean de Herrada, officier de beaucoup de talents , qui avait élevé le jeune Almagro, dirigea leurs mesures avec tout le zèle que son attachement pour Almagro lui inspirait, avec toute l'autorité que lui donnait sur les conjurés l'ascendant connu
qu'il avait sur son pupille, lit 1 assas~ . ... . 1 . »
sinent. Le dimanche, vmgt-sixieme jour de juin, vers