‹ Histoire de l'Amérique (volume 3)Chapitre 100 sur 161 · LIVRE QUATRIEME. 1 1 n · texte numérisé non relu

LIVRE QUATRIEME. 1 1 n

montant au cerveau , y excitaient tous les mouvements et les transports de l'ivresse l . Dans presque toutes les autres parties du Nouveau - Monde ? les naturels possédaient l'art d'extraire une liqueur enivrante du maïs ou de la racine du manioc , les mêmes substances dont ils faisaient du pain. L'opération qu'ils avaient imaginée pour cela ressemble assez au procédé ordinaire des brasseurs ; mais avec cette différence qu'au lieu de levure j ils y substituaient une dégoûtante infusion d'une certaine quantité de maïs ou de manioc mâché par leurs femmes. La salive excite une fermentation vigoureuse, et en peu de jours la liqueur devient propre à être bue. Elle n'est pas désagréable au goût , et lorsqu'on en boit une grande quantité , elle a le pouvoir d'enivrer \ C'est la boisson générale des Américains , qui la désignent par différents noms , et la recherchent avec une fureur qu'il n'est pas plus aisé de concevoir que de décrire. Chez les nations policées, oii une succession d'occupations et d'amusements divers tient l'esprit dans une activité continuelle, le désir des liqueurs fortes est modifié en grande partie parle climat, et il augmente ou diminue selon les variations de la température. Dans les pays chauds , l'organisation sensible et délicate des habitants n'a pas besoin du stimulant des liqueurs fermentées.

(r) Oviedo, Hist. ap. Ramus, III, n3. Venegas, I, 68. Nauf. de Cabeça de Vaca, cap. 26. Voyez la note 79.

(2) Stadius, ap. de Bry, III, ni, Lery, ibid. 175,

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Dans les pays plus froids , la constitution des naturels , plus robuste et plus pesante , en a besoin pour être excitée et mise en mouvement. Mais , parmi les sauvages , le désir de tout ce qui a la faculté d'enivrer est le même dans toutes les positions du globe. Tous les babitants de l'Amérique, soit qu'ils babitent la zone torride ou les régions tempérées , soit qu'un sort plus dur les ait fait naître dans les climats rigoureux des deux extrémités nord et sud de ce continent , paraissent être également dominés par cette passion, à l'exception de quelques petites tribus placées près du détroit de Magellan". Cette ressemblance de goût cbez des peuples placés dans des situations si différentes ne peut être regardée comme l'effet d'un besoin physique , et ne peut être attribuée qu'à l'influence d'une cause morale. Lorsque le sauvage est engagé dans une expédition de guerre ou de chasse , il se trouve souvent dans des situations critiques où toutes les facultés de sa nature sont obligées de s'exercer par les plus grands efforts ; mais à ces scènes intéressantes succèdent de longs intervalles de repos, pendant lesquels le guerrier ne voit rien d'assez important pour mériter son attention. Il languit, il est mélancolique dans ce temps cV indolence. L'attitude de son corps est l'emblème de l'état de son

(i) Gumilla, I, 257. Lozano, Descr. dvl gran Cliaco, 56, io3. Ribas, 8. Clloa, I, a 4^ Mj. Marchais, IV, 4 56. Fernandc-s, Miision. <1< la Chiquit. 55. Barrèfe,/>. »o3. Blancof Conpers.de Piritu, S 1

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