LIVRE QUATRIÈME
rêt à leur fournir des liqueurs spiritueuses, l'ivrognerie ne tarda pas à devenir aussi universelle parmi eux que parmi les Américains des parties méridionales ; leurs femmes mêmes ont pris le même goût et s'y livrent avec aussi peu de décence et de modération que les hommes l .
Il serait trop long d'examiner toutes les coutumes Usage de
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particulières qui ont excite retonnement des voya- les vieillards geurs en Amérique; mais je ne puis en passer sous et lef mala-
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silence une qui parait aussi extraordinaire qu aucune bles de celles dont on a parlé. Lorsqu'un Américain devient vieux ou qu'il souffre d'une maladie que leur médecine grossière ne peut guérir, ses enfants ou ses parents lui ôtent la vie eux-mêmes , pour être délivrés du fardeau de le nourrir et de le soigner. Cette coutume s'est trouvée établie chez les tribus les plus sauvages dans toute l'étendue du continent, depuis la baie d'Hudson jusqu'à la rivière de la Plata ; et quelque opposée qu'elle paraisse à ces sentiments de tendresse et d'affection. que les hommes civilisés regardent comme naturels à l'espèce humaine , l'homme semble y être conduit par la condition de la vie sauvage. Les mêmes peines et les mêmes difficultés pour se procurer des subsistances, qui en quelques cas empêchent les sauvages d'élever leurs enfants , les obligent à terminer la vie
(0 Hutchinson, Hist. of Massackuset's Bay, 469. Lafitau, II, ia5.
Sagard, 146,
des vieillards et des infirmes. La faiblesse de ceux-ci aurait besoin des mêmes secours que l'enfance. Les uns et les autres sont également incapables de remplir les fonctions de guerriers ou de chasseurs , et de supporter les peines ou d'échapper aux dangers auxquels les sauvages sont si souvent exposés par leur défaut de prévoyance et d'industrie. Incapables de subvenir aux besoins ou de secourir la faiblesse des autres , ce surcroît d'embarras leur donne una impatience qui les porte à terminer une vie qu'il leur serait trop difficile de conserver. Cela n'est point regardé comme un trait de cruauté, mais comme un acte de pitié. Un Américain accablé d'années ou d'infirmités ? sentant qu'il ne peut plus compter sur le secours de ceux qui l'environnent, se place lui-même d'un air content dans son tombeau, et c'est des mains de ses enfants ou de ses plus proches parents qu'il reçoit le coup qui le délivre à jamais des misères de la vie \ idée gêné- IX. Après avoir considéré les peuples sauvages raie de leur je l'Amérique sous ces différents points de vue , et
caractère. * l
après avoir examiné leurs mœurs et leurs usages dans tant de situations diverses, il ne reste qu'à nous former une idée générale de leur caractère , comparée avec celui des nations plus policées. L'homme, dans son état primitif, sortant pour ainsi
(r) Cassani , Hisi. de Vu, ..» Reyno de Cran. p. !oo. Piso, p. <>. EUîs, Voy. 19 r. Gumilla, I, 333.