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de leur avoir donné cette agréable parure , a refusé à la plupart ce chant mélodieux et varié qui flatte et amuse l'oreille. Les oiseaux des climats tempérés dans le nouveau continent, de même que dans le notre , ont un extérieur moins brillant ; mais ils ont aussi en dédommagement une voix douce et mélodieuse. En quelques districts de l'Amérique la température malsaine de l'air semble avoir été nuisible même à cette partie de la nature animée ; on y voit moins d'oiseaux que dans les autres contrées, et le voyageur est étonné de la solitude et du silence qui régnent dans les forêts '. Il est cependant remarquable que l'Amérique , où les quadrupèdes sont si petits et si poltrons , ait produit le condor, à qui l'on ne peut refuser la prééminence sur toute la race ailée , pour le volume ? la force et le courage \
Dans un continent aussi étendu que l'Amérique Sol. il doit nécessairement y avoir beaucoup de variété dans le sol. On trouve dans chaque province quelques particularités distinctives , mais dont la description doit être réservée à ceux qui en écrivent
(i) Bouguer, Voyage au Pérou, 17. Chanvalon, Voyage à la Martinique , p. 96. Warren, Descript. de Surinam. Osborn's Collect. tom. Il, p. 924. Lettres édifiantes, tom. XXIV, p. 33g. Charlevoix , Hist. de la Nouv. France, tom. III, p. i55.
(•2) Voyage de Ulloa, tom. I, p. 363. Voyage de La Condaminc, p. 175. Buffon, Hist. nat., tom XVI, p. 184. Voyage de Des Marchais, tom. III, p. H 20.
l'histoire détaillée. En général, nous observons que l'humidité et le froid , qui dominent d'une manière si frappante clans toutes les parties de l'Amérique , doivent y avoir une grande influence sur la nature du sol. Des pays situés sous le même parallèle que des régions de l'ancien continent où l'extrême rigueur de l'hiver ne se fait jamais sentir, sont entièrement gelés en Amérique pendant une grande partie de l'année. La terre , resserrée par ce froid excessif, n'y acquiert jamais une chaleur suffisante pour mûrir les fruits qui se trouvent dans les parties correspondantes de l'autre hémisphère. Si l'on voulait faire croître en Amérique les productions qui abondent dans quelques cantons particuliers du globe, on ne pourrait y réussir que dans les parties de ce continent qui se trouvent de plusieurs degrés plus près de la ligne que le sol naturel de ces productions , parce qu'on aurait besoin d'une augmentation de chaleur pour contre-balancer la froideur naturelle de la terre et du climat '. Plusieurs des plantes et des fruits particuliers aux pays situés sous les tropiques ont été cultivés avec succos au cap de Bonne-Espérance; tandis qu'à Saint- Augustin dans la Floride, a Charles-Town dans la Caroline méridionale , qui sont beaucoup plus près delà ligne que le cap, les mêmes productions n'ont
(i) Voyez lu note iy.
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pu réussir également1. Mais en tenant compte de cette différence de température, le sol de l'Amérique est naturellement aussi riche et aussi fertile que dans aucune autre portion du globe. Comme le pays n'avait qu'un petit nombre d'habitants peu industrieux, et privés du secours des animaux domestiques dont les nations civilisées élèvent de si grandes multitudes , la terre n'était pas épuisée par leur consommation. Les végétaux produits par sa fertilité restaient souvent entiers, et ,en se pourrissant sur sa surface , rentraient dans son sein , en y portant un surcroît de matière végétale 2. Comme les arbres et les plantes tirent de l'eau une grande partie de leur nourriture , s'ils n'étaient pas détruits par l'homme et par les autres animaux, ils rendraient à la terre plus qu'ils n'en reçoivent et l'enrichiraient plutôt que de l'appauvrir ; ainsi les terres inhabitées de l'Amérique pouvaient continuer de s'engraisser pendant plusieurs siècles. Le nombre prodigieux et l'énorme grosseur des arbres de ce continent attestent la vigueur extraordinaire du sol dans son état naturel. Lorsque les Européens commencèrent à cultiver le Nouveau-Monde , ils furent étonnés de l'exubérance et de l'activité de la végétation , et en plusieurs endroits l'industrie du colon s'exerce encore à diminuer et à épuiser une fécon-
(1) Voyez la note 20.
(2) Buffon, Hist. nat, tom. /yp. 242. Kalm, torn. I,p. i5i.
3o HISTOIRE DE E.' AMÉRIQUE.
dite superflue, afin de réduire la terre à un état propre a une culture utile1.
Comment Après avoir ainsi observé l'état du Nouveau- ... L ,, ' Monde à l'époque de sa découverte, et considéré
ete peuplée. * *
les traits particuliers qui le distinguent et le caractérisent, l'objet qui mérite de fixer notre attention, c'est de rechercher comment l'Amérique a été peu-' plée , par quelle route les hommes ont passé d'un continent à l'autre, et dans quelle partie du globe il est le plus probable que s'est établie une communication entre les deux hémisphères.
Les Améri- Nous savons avec une certitude infaillible que cams n ont toute ja race humame est sortie de la même source ,
conserve aucune tradi- et que les descendants d'un seul homme, sous la
tion sur cet protection divine et obéissant aux ordres du ciel , se sont multipliés et ont peuplé la terre. Mais ni les annales ni les traditions des peuples ne remontent jusqu'à ces temps éloignés, où ils ont pris possession des diverses contrées dans lesquelles ils sont à présent établis. Nous ne pouvons ni suivre les branches de ces premières familles , ni indiquer avec certitude l'époque de leurs séparations et la manière dont elles se sont répandues sur la surface du globe. Chez les nations même les plus éclairées , le période de l'histoire authentique est extrême-
(i) Charlevoix, Hist. de la Nouv. Fronce, ion/ II, p. /to5. Voyage de Des Marchais, ton*. III, p. saç). Lcrv, ap. Dehrv, part. III, p. 1 7 4 - Voyez la noie -a i.