‹ Histoire de l'Amérique (volume 3)Chapitre 12 sur 161 · LIVRE QUATRIÈME 3l · texte numérisé non relu

LIVRE QUATRIÈME 3l

ment court, et tout ce qui remonte au-delà est fabuleux ou obscur. Il n'est donc pas étonnant que les naturels ignorants de l'Amérique , qui n'ont ni inquiétude sur l'avenir, ni curiosité sur le passé, n'aient aucune connaissance de leur propre origine. Les Californiens et les Esquimaux en particulier, qui occupent les parties de l'Amérique les plus voisines de l'ancien continent, sont si grossiers qu'il serait absolument inutile de chercher parmi eux quelques moyens de découvrir le lieu d'où ils sont venus , ou les ancêtres dont ils sont descendus *, Nous devons le peu de lumière que nous avons sur cet objet, non aux naturels de l'Amérique, mais à l'esprit de recherche de leurs conquérants.

Lorsque les Européens firent la découverte inat- Différentes

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tendue d un Monde nouveau , place a une grande

distance de toutes les parties connues alors de l'ancien continent, et rempli d'habitants dont l'extérieur et les mœurs différaient sensiblement du reste de l'espèce humaine , la curiosité et l'attention des hommes instruits durent naturellement les porter à rechercher l'origine de ces peuples. On remplirait plusieurs volumes des théories et des spéculations qu'on a imaginées sur ce sujet; mais ce sont pour la plupart des idées si bizarres et si chimériques , que je croirais faire un affront à l'intelligence de mes lecteurs si j'entreprenais de les exposer

(i) Veillas, îiist. of California , tom. I, p. dn.

en détail ou de les réfuter. Quelques-uns ont eu la présomption de supposer que les habitants de l'Amérique ne descendent pas du père commun de tous les hommes, mais qu'ils forment une race séparée , distinguée par des traits particuliers et dans la forme extérieure de leur corps et dans les qualités caractéristiques de leur esprit. D'autres prétendent qu'ils sont descendus de quelques restes des anciens habitants de la terre échappés au déluge, qui du temps de Noé a détruit la plus grande partie de l'espèce humaine, et ils regardent, contre toute raison , des tribus grossières et sauvages dispersées sur un continent inculte comme la race d'hommes la plus ancienne qu'il y ait sur la terre. Il n'y a guère de nation , depuis le pôle du nord jusqu'à celui du sud , à laquelle quelque antiquaire livré à la folie des conjectures n'ait attribué l'honneur d'avoir peuplé l'Amérique. On a supposé tour à tour que les Juifs , les Cananéens , les Phéniciens , les Carthaginois , les Grecs , les Scythes avaient , dans les temps anciens, formé des établissements sur cet hémisphère occidental. On a dit que dans des temps postérieurs les Chinois , les Suédois , les Norvégiens , les Gallois , les Espagnols y avaient envoyé des colonies en différentes circonstances et à des époques diverses. Les prétentions respectives de ces peuples ont trouvé de zélés partisans, et quoique les raisons les plus plausibles dont ils appuyassent leurs

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