LIVRE CINQUIÈME
zèle, qu'en employant tantôt la séduction et tantôt la menace, il obtint la permission de quitter la Trinité sans que les ordres de Velasquez eussent été exécutés.
De la Trinité , Cortez fit voile vers la Havane Et lo fa,re pour lever encore des soldats et achever d'approvisionner sa flotte. Là, plusieurs Espagnols de distinction se déterminèrent a le suivre , et s'engagèrent à fournir le reste des approvisionnements qui manquaient. Mais , comme il leur fallait du temps pour remplir leurs engagements, Velasquez, convaincu qu'il ne devait plus compter sur un homme à qui il avait fait connaître si ouvertement sa défiance , voulut profiter de l'intervalle que lui donnait ce retardement pour tenter encore de dépouiller Cortez de son commandement. Il se plaignit hautement de la conduite de Verdugo , l'accusant d'une faiblesse puérile ou d'une trahison manifeste, pour avoir permis à Cortez de sortir de la Trinité. Pour mieux s'assurer de l'exécution de son dessein , il envoya a la Havane un homme de confiance , chargé de remettre à Pedro Barba , son lieutenant dans cette colonie , l'ordre positif d'arrêter sur-le-champ Cortez, de l'envoyer prisonnier à Sant-Iago sous une bonne escorte , et de suspendre le départ de la flotte jusqu'à ce qu'il eût reçu des ordres ultérieurs. Il écrivit en même temps aux principaux officiers pour leur cominan-
a56 histoire de l'Amérique.
1518 der d'assister Barba dans l'exécution des ordres qu'il lui envoyait. Mais , avant l'arrivée de son messager, un moine de Saint-François avait fait passer la nouvelle de ce qui se tramait à Barthelemi d'Olmedo, religieux de son ordre, aumônier de la flotte de Cortez.
Cortez dé- Cortez, averti du danger, eut le temps de prendre
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d sseins de ses Precautions. JLa première tut d éloigner de la Velasquez et Havane , sous quelque prétexte, Diego de Ordaz,
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oiiicier d un mente distingue , mais que son atta-
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chement pour Velasquez devait lui rendre suspect. Il lui donna le commandement d'un vaisseau destiné à aller prendre quelques vivres dans un petit havre par-delà le cap Antoine , et sut ainsi l'éloigner sans paraître suspecter sa fidélité. Après son départ, Cortez ne cacha plus à ses troupes les desseins de Velasquez. Comme les officiers , ainsi que les soldats, avaient la plus grande impatience de commencer l'exécution d'une entreprise dans laquelle ils hasardaient toute leur fortune, ils furent étonnés et indignés de cette basse jalousie à laquelle le gouverneur voulait sacrifier non-seulement l'honneur de leur général , mais toutes les espérances de gloire et de richesses qu'eux-mêmes avaient conçues. Ils supplièrent d'une voix unanime Cortez de ne point abandonner la place à laquelle il avait tant de droits, et de ne pas les priver d'un chef qu'ils avaient suivi avec une confiance si bien méritée.