‹ Histoire de l'Amérique (volume 3)Chapitre 121 sur 161 · LIVRE CINQUIÈME. l6 l · texte numérisé non relu

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lesquels deux semblaient être des personnes de dislinction, s'approcha de son vaisseau avec des signes de paix et d'amitié. Les Indiens vinrent à son bord sans crainte et sans défiance, et lui adressèrent d'un air très respectueux un discours qu'Aguilar n'entendit point. Cortez se trouva très embarrassé d'un incident dont il prévit toutes les conséquences. Il commença à craindre , pour le grand projet qu'il méditait, les lenteurs et l'incertitude que causerait nécessairement l'impossibilité de communiquer ses idées autrement que par le secours imparfait des signes et des gestes; mais il ne demeura pas long-temps dans cette inquiétude. Un heureux hasard suppléa à ce que toute sa sagacité n'aurait pu faire. Une des femmes esclaves qu'il avait eues du cacique de Tabasco , se trouvant présente à l'entrevue de Cortez et de ses nouveaux hôtes, aperçut son embarras et la confusion d'Aguilar ; et, comme elle entendait parfaitement la langue mexicaine, elle expliqua dans la langue yucata, qu'Aguilar entendait , ce que disaient les indiens. Cette femme , connue dans la suite sous le nom de dona Marina, et qui joue un rôle important dans l'histoire du Nouveau-Monde , où les plus grands événements sont presque toujours l'effet de très petites causes , était née dans une des provinces de l'empire du Mexique. Après avoir été faite esclave dans une guerre et avoir éprouvé diverses aven- II. 17

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1519 tures, elle était tombée entre les mains des peuples de Tabasco , et avait vécu assez long-temps parmi eux pour apprendre leur langue sans oublier la sienne. Quoique cette manière de converser par l'entremise de deux interprètes fût très fatigante et très ennuyeuse , Cortcz fut ravi d'avoir découvert ce moyen de communiquer avec les habitants d'un pays où il voulait pénétrer ; et , dans les transports de sa joie, il regarda cet événement comme une marque éclatante de la protection de la Providence '. Il apprit alors que les deux personnes qu'il avait reçues à son bord étaient députées de Pilpatoë et de Teutilé2, l'un gouverneur de la province à laquelle il abordait, et qui était soumise à un grand monarque appelé Montézuma ; l'autre commandant de ses troupes 5. Ces députés étaient chargés de s'informer des intentions de Cortez en visitant leur cote, et de lui offrir les secours dont il pouvait avoir besoin pour continuer sa route. L'air de ces Indiens et les intentions exprimées dans leur message frappèrent Cortez. Il les assura , en termes respectueux, qu'il abordait chez eux avec des sentiments d'amitié, qu'il venait faire des propositions d'une grande

(i) B. Diaz, chap. 37, 38, 3<). Goniara, Cron. cap. a5, afi. Herrcra, Decacl. II, llb. V, cap. 4.

(?) B. Diaz écrit Tendile et Pitalpitoquc. llcrrora, TeiitkUUe et Pital pitoe, Solis Pilpatoë et Clavigero Tcuhtlile et Cuitlalpitoc. (D. L. R.)

(3) Suivant Clavigero, qui cite à l'appui de sou opinion B. Diaz, Comara et d'autres anciens historiens, Teuhllile était aussi gouverneui des eûtes de l'empire; ttohertsou a suivi le récit de Solis. (D. I- K.'

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