LIVRE CINQUIÈME. Si
importance au bien du prince et de son royaume, 451 <j et qu'il les exposerait en personne au gouverneur et au général. Le lendemain au matin , sans attendre de réponse, il débarqua ses troupes , ses chevaux et son artillerie, et ayant choisi un terrain convenable , il commença à y élever des baraques et à en faire un camp fortifié. Les Indiens, au lieu de s'opposer à l'entrée de ces hôtes , qui devaient être un jour les destructeurs de leur pays, aidèrent à leur débarquement avec un empressement dont ils ont eu depuis tant de raison de se repentir.
Le jour suivant, Pilpatoë et Teutilé vinrent au Sa première
i * /~*i i entrevue avec
camp avec une nombreuse suite ; et Cortez , les re- , . .
1 7 % les Mexicains.
gardant comme les ministres d'un grand roi , les reçut avec beaucoup plus d'égards que les Espagnols n'avaient coutume d'en marquer aux petits caciques avec lesquels ils traitaient. Il leur apprit qu'il venait en qualité d'ambassadeur de don Charles d'Autriche , roi de Castille et le plus puissant monarque de l'est, et qu'il était chargé de propositions d'une telle importance , qu'il ne pouvait les communiquer qu'à Montézuma lui-même; et il leur , demanda de le conduire en sa présence sans perdre de temps. Les officiers mexicains ne purent cacher la peine que leur faisait une demande qu'ils prévoyaient devoir être fort mal reçue de leur souverain , dont l'esprit était déjà rempli d'inquiétudes et de craintes depuis les premières nouvelles qu'il
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1519 avait apprises de l'apparition des Espagnols sur les cotes de son empire. Mais, avant d'entreprendre de dissuader Cortez de son projet, ils s'efforcèrent de gagner sa bienveillance, en le pressant d'accepter des présents qu'ils voulaient mettre à ses pieds en qualité d'humbles esclaves de Montézuma. On les lui offrit avec beaucoup d'appareil. Ils consistaient en étoffes de coton fort belles , en plumes de différentes couleurs et en ornements d'or et d'argent dune valeur considérable et d'un travail curieux. La vue de ces présents produisit un effet bien différent de celui que se proposaient les Mexicains. Elle accrut l'avidité des Espagnols, loin de la satisfaire, et leur inspira une si vive impatience de devenir maîtres d'un pays qui produisait ces richesses, que Cortez se donnant à peine le temps d'écouter les raisons par lesquelles Pilpatoë et Teutilé cherchaient à le détourner d'aller à la capitale * , et prenant un ton fier et décidé, leur répéta qu'il voulait avoir une audience du roi lui-même. Pendant cette entrevue , quelques peintres à la suite des chefs des Mexicains avaient été occupés à dessiner suides étoffes de coton blanches les vaisseaux, les chevaux , l'artillerie , les soldats espagnols et tout ce qu'ils trouvaient de plus singulier. Cortez , qui s'en
(i) Suivant Clavigero et d'autres historiens espagnols I rutile ne s'opposa aux desseins de Curiez que lorsqu'il en, eut reçu l'ordre positil de la COUT. p. L. R.)