‹ Histoire de l'Amérique (volume 3)Chapitre 125 sur 161 · LIVRE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE CINQUIÈME

La fermeté avec laquelle Cortez persistait dans 1519 sa résolution devait naturellement conduire la négociation entre lui et l'empereur à une prompte issue, puisqu'elle ne laissait à celui-ci d'autre parti que de recevoir les Espagnols avec une confiance entière , ou de les traiter ouvertement en ennemis. Ce dernier parti était celui auquel il y avait lieu de s'attendre de la part d'un monarque hautain et puissant. L'empire du Mexique était alors à un point de grandeur auquel n'a peut-être atteint aucune grande société policée en si peu de temps. Quoiqu'il ne subsistât que depuis cent trente ans, sa domination s'étendait du nord à la mer du sud , sur un territoire de plus de cinq cents lieues de l'est à l'ouest, et de plus de deux cents lieues du sud au nord ' , et comprenait des provinces qui , en fertilité , en population , en richesses , ne le cédaient à aucun des pays de la zone torride. La nation était guerrière et entreprenante , l'autorité du monarque illimitée, et ses revenus considéra-

(1) Suivant Clavigero, (Stor.ant.delMcssico.Xw. i.) le royaume ou empire du Mexique s'étendait au sud-ouest et au sud jusqu'à l'Océan Pacifique, au sud-est jusqu'à Quauhtemallan, à l'est, en en exceptant le territoire des trois républiques de Tlascala, Cholula et Huexotzinco et une petite partie du territoire du royaume d'Àcolhuacau , jusqu'au golfe du Mexique , vers le nord jusqu'au pays des Huaxtecas; au nord-ouest, il était borné par les barbares Chichemecas, et les possessions de Tlacopan et de Micbuacan lui servaient de frontières, à l'est. Tout l'empire mexicain était compris entre le 14° et le 21° de latit. nord et le 2710 et le 2 83° de longit. du méridien de l'île de Fer. ( D. L. R. )

2yo histoire de l'améiuqui:.

1519 bles. Si, avec les forces qu'on pouvait réunir en un moment clans un tel empire , Montézuma fût tombé sur les Espagnols lorsqu'ils étaient encore campés sur une cote stérile et malsaine , sans aucun allié dans le pays , sans place de retraite , sans provisions , malgré tous les avantages de leur discipline et de leurs armes , ils n'auraient pu résister à un pareil choc ; ils auraient péri dans un combat si inégal , ou ils auraient abandonné leur entreprise.

Caractère La puissance de Montézuma le mettait en état

du immarque. 1 j .• ..s

1 de prendre ce parti vigoureux , et son caractère même semblait l'y porter. De tous les princes qui avaient tenu le sceptre du Mexique , il était le plus fier, le plus violent et le plus éloigné de souffrir la moindre résistance à ses volontés. Ses sujets le voyaient avec crainte , et ses ennemis avec effroi. Il gouvernait les premiers avec une sévérité terrible; mais ils avaient une si grande opinion de son habileté , qu'ils étaient forcés à le respecter , et les victoires nombreuses qu'il avait remportées sur ses ennemis avaient répandu au loin la terreur de ses armes, et avaient ajouté plusieurs grandes provinces à son empire. Mais, quoiqu'il eût peut-être assez de talents pour gouverner le Mexique dans l'état de civilisation imparfaite ou était cet empire et dans le cours ordinaire des choses, ces talents étaient bien insuffisants pour une conjoncture si extraordinaire,

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