LIVRE CINQUIÈME
d'employer sur-le-champ les moyens efficaces de re- 4 519 pousser l'ennemi ; on se contenta d'envoyer à Cortez des ordres plus positifs de quitter le pays, accompagnés fort imprudemment sans doute d'un présent assez considérable pour offrir aux Espagnols un nouveau motif de s'y établir.
Ceux-ci étaient cependant inquiets et incertains incertitudes
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11 *■ r Espagnols.
qu'ils avaient déjà vu de la richesse du pays, plusieurs d'entre eux s'en formaient des idées si exagérées , qu'ils étaient déterminés à braver toutes les difficultés et tous les dangers pour achever une conquête qui devait les mettre en possession de trésors inépuisables. D'autres, jugeant de la force de l'empire du Mexique par ses richesses mêmes, assurés d'ailleurs par plusieurs observations que ce pays avait une forme régulière de gouvernement, prétendaient que c'était une folie véritable que d'attaquer un si grand état avec une poignée d'hommes , manquant de provisions, affaiblis déjà par les maladies particulières au climat , qui en avait fait périr plusieurs, et sans avoir d'ailleurs l'appui d'aucune alliance dans le pays1. Cortez applaudissait secrètement à ceux qui tenaient pour les résolutions hardies ; il encourageait des espérances romanesques qui lui étaient communes avec eux, et qui concouraient à l'exécution des plans qu'il avait concertés.
i) B. Diaz, chap. 40.
'l^k HISTOIRE DE l'a3IÉRIQUE.
1519 Depuis le moment où les soupçons de Velasquez
Plan (le gâtaient déclarés , et où il avait tenté de dépouiller Gortez. ...
Cortez de l'autorité qu'il lui avait confiée , celui-ci
avait senti la nécessité de n'avoir plus avec le gouverneur de Cuba aucune liaison, dans la juste crainte de voir traverser toutes ses opérations ; il ne demandait même qu'une occasion d'en venir à une rupture ouverte. Dans cette vue, il n'avait rien négligé pour s'assurer de ses soldats. Ses talents pour le commandement lui méritèrent aisément leur estime, et il ne lui fut pas plus difficile d'acquérir leur affection. Parmi des aventuriers presque du même rang, faisant la guerre à leurs dépens , la dignité de chef n'élevait pas un général assez au-dessus de ceux qui étaient sous ses ordres pour exclure entre eux un commerce continuel. Cortez sut profiter de la familiarité des relations qu'il avait avec eux pour s'insinuer dans leur esprit par des manières affables et par des actes de libéralité faits à propos , par la permission qu'il accorda à ses soldats de commercer pour leur compte avec les Indiens ' ; enfin , en enflammant les espérances de tous , il s'attacha tellement la plus grande partie de ses soldats, qu'ils oublièrent presque que l'armement avait été fait sous l'autorité et aux dépens d'un autre que Cortez.
Son adresse Pendant que le général espagnol conduisait ainsi à l'exécuter, ses projets, Tcutilé arriva avec les présents de Mon-
(r) Voyez la Dote koi.