‹ Histoire de l'Amérique (volume 3)Chapitre 132 sur 161 · LIVRE CINQUIÈME. s · texte numérisé non relu

LIVRE CINQUIÈME. s

Cor tel, ayant ainsi rendu indissoluble l'union i5i0 entre lui-même et son armée par ces actes d'indé- Les Zem

. poallans re-

pendance auxquels ils avaient tous concouru , pensa cherchent son qu'il pouvait quitter désormais son camp et s'avan- amitié, cer dans le pays. Il fut encouragé dans ce projet par un événement aussi heureux en lui-même que par la circonstance dans laquelle il arrivait. Quelques Indiens s'approchèrent de son camp avec mystère et furent admis en sa présence. Ils étaient envoyés avec des propositions d'alliance et d'amitié par le cacique de Zempoalla , , ville considérable et peu éloignée. Par leurs réponses à un grand nombre de questions qu'il leur fit , selon son usage ordinaire dans ses entrevues avec les Indiens, il apprit que leur maître , quoique sujet de l'empire du Mexique, souffrait impatiemment le joug, et craignait et haïssait si fortement Montézuma , que rien ne pouvait lui être plus agréable que l'espoir de se délivrer de l'oppression sous laquelle il gémissait. Cet avis fit luire à l'esprit de Cortez un rayon de lumière et d'espérance. Il vit que le grand empire qu'il se proposait d'attaquer était désuni, et que le souverain n'y était pas aimé. Il conjectura que les causes du mécontentement ne pouvaient pas être bornées à une seule province, et qu'il se trouverait en d'autres parties de l'empire des mécontents las de la soumission ou désirant un changement, et prêts à

(r) Herrcra et Clavigero appellent cette ville Chempoalla. (D. L. R.)

1549 suivre les drapeaux du premier libérateur qui se montrerait. Plein de ces idées, et commençant dès lors à se tracer un plan que le temps et une connaissance plus exacte de l'état du pays devaient le mettre bientôt en état de suivre et d'exécuter , il reçut très bien les Zempoallans, et leur promit d'aller incessamment visiter leur cacique1, il se mid à Pour remplir sa promesse , il n'était pas nécesinpo< saire qu'il s'écartât de la route qu'il s'était déjà pro-

posé de suivre en s'avançant dans le pays. Quelques officiers employés à visiter la cote, ayant reconnu un village nommé Quiabislan % à environ quarante milles au nord, qui, à raison de la fertilité du sol et de la bonté de son havre, semblait être un poste plus commode que celui que les Espagnols avaient jusqu'alors occupé, Cortez se détermina à y transporter son camp. Zempoalla se trouvait sur son chemin. Le cacique le reçut aussi bien que Cortez pouvait l'espérer. Il lui fit des présents et des caresses qui montraient un extrême désir de gagner sa bienveillance, le traita comme un libérateur, et lui montra un respect porté presque jusqu'à l'adoration. Cortez apprit de lui plusieurs particularités du caractère de Montézuma , et les causes de la haine de ses sujets pour lui. Montézuma, lui disait en pieu-

(r) R. Diaz, ckap. 41. Gomara, Croit, cap. •>.%.

(2) Hersera l'appelle Chianhuiztlan, et Qavigero Chiahuitzla; céder nier assure que le mot Qniaùislan donné par Roberlson , d'après Solis, n'est pas et ne peut pas être mexicain.

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