LIVRE CINQUIÈME
grande horreur pour cette abominable pratique. 4510 Les deux caciques s'étant jetés dans une rébellion ouverte , et ne voyant pour eux aucun salut s'ils ne s'attachaient inviolablement aux Espagnols, conclurent bientôt une alliance avec eux , en se reconnaissant vassaux du roi d'Espagne. Leur exemple fut suivi par les Totonaques , nation courageuse qui habitait les montagnes voisines ■ ; et tous , s'étant soumis volontairement à la couronne de Castille , offrirent d'accompagner Cortez avec toutes leurs forces h Mexico \
Il y avait à cette époque trois mois que Cortez Ses m^sures
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était dans la JNouvelle-Espagne; et, quoique tout ce du roi la con. temps n'eût pas été marqué par des entreprises mi- firmatiun de
i» • -i , , /ri son autorité.
litaires, chaque moment avait ete consacre a des opérations qui, moins brillantes peut-être, n'étaient pas d'une moins grande importance. Par son adresse à s'attacher son armée et à conduire ses négociations avec les Indiens, il jetait les fondements de ses succès futurs. Mais quelque bien concerté que fût son plan, il ne pouvait se dissimuler que son droit au commandement étant émané d'une autorité qu'on pouvait contester, la sienne était ellemême chancelante et précaire. Velasquez ne pouvait manquer de se plaindre au roi des insultes
(i) Les habitants de Chempoalla appartenaient eux-mêmes à la nation desTotouacas. Voir Clavigero. (Stor. ant. del Mess, livre VIII.) (D. L. R.)
(2) B. Diaz, chap. 47. Gomara, Cron. cap. 35, 36. Herrera, Decad. II, Vib. F, cap. 9, 10, n.
1519 qu'il avait reçues de Cortex , et pouvait présenter la conduite d'un officier subalterne qui s'était joué de ses ordres, de manière à lui attirer une prompte destitution et une punition sévère. Avant de se mettre en marche, le général crut devoir prévenir ce coup. Dans cette vue , il persuada aux magistrats de la colonie d'adresser au roi une lettre contenant un long détail de leurs services ; une description pompeuse du pays qu'ils avaient découvert, de ses richesses , de sa population , de sa civilisation et de ses arts ; un tableau des progrès qu'ils y avaient déjà faits en soumettant plusieurs provinces à la couronne de Castille , des moyens qu'ils se proposaient d'employer pour en achever la conquête , et des justes espérances qu'ils avaient conçues ; enfin un long exposé des motifs qui les avaient déterminés à renoncer à toute liaison avec Yelasquez pour établir une colonie dépendante immédiatement du roi lui-même, et à en confier à Cortez le gouvernement , tant civil que militaire : ils finissaient par supplier humblement le roi de ratifier, par son autorité, tout ce qu'ils avaient fait. Cortez écrivit dans les mêmes vues; et comme il savait fort bien que la cour d'Espagne, accoutumée à voir exagérer les richesses des pays nouveaux par ceux qui les découvraient, n'accorderait que peu de croyance à la description merveilleuse qu'on lui faisait de la Nouvelle-Espagne, si l'on n'y joignait des échantillons