‹ Histoire de l'Amérique (volume 3)Chapitre 138 sur 161 · II · texte numérisé non relu

II

1510 que les autres nations grossières de l'Amérique dont nous avons parlé jusqu'à présent. Ils avaient fait de grands progrès dans l'agriculture; ils habitaient de grandes villes , et avaient une sorte de commerce ; et , si nous en croyons les relations imparfaites des premiers historiens espagnols , on découvrait dans leurs institutions et leurs lois quelques traces d'une justice distributive et d'une jurisprudence criminelle. Cependant , comme avec cette civilisation incomplète l'agriculture seule ne suffisait pas à leur subsistance , et qu'ils étaient obligés d'y joindre la chasse , ils conservaient en partie les mœurs et le caractère des peuples chasseurs. Us étaient féroces et passionnés pour la vengeance , courageux , altiers et indépendants , en guerre continuelle et presque sans communication avec les états voisins. Us abhorraient tellement la servitude , que non-seulement ils avaient constamment repoussé toute domination étrangère, et maintenu leur liberté contre toute la puissance de l'empire du Mexique, mais qu'ils s'étaient encore défendus contre toute tyrannie domestique; ne reconnaissant aucun maître, ils vivaient sous l'autorité douce et limitée d'un conseil choisi par leurs différentes tribus.

Cortez, quoique instruit du caractère guerrier de cette nation, se flatta que son intention connue de délivrer les Indiens de la tyrannie de Montézuma, la haine que les Tlascalans eux-mêmes portaient

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