‹ Histoire de l'Amérique (volume 3)Chapitre 143 sur 161 · LIVRE CINQUIÈME. 3o · texte numérisé non relu

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toutes leurs demandes, mais même d'aller au-de- 4 54 9 vant de leurs désirs. Ils offrirent donc à Cortez de l'accompagner à Mexico avec toutes les forces de la république, sous les ordres de leurs capitaines les plus expérimentés. Mais Cortez , après s'être donné il est sur le tant de peine pour établir cette union entre les p01"

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Indiens et lui fut sur le point d'en perdre tous les un zèle inavantages par une nouvelle saillie du zèle inconsi- consi ere* déré dont il était animé. Tous les aventuriers espagnols de ce siècle se regardaient comme destinés par Dieu même à étendre la foi chrétienne ; et moins ils étaient capables de s'acquitter d'un tel emploi par leur ignorance et le dérèglement de leurs mœurs , plus ils avaient d'ardeur à remplir leur prétendue mission. La profonde vénération des Tlascalans pour les Espagnols ayant encouragé Cortez à expliquer à quelques - uns des principaux d'entre eux la doctrine chrétienne, il leur proposa avec instance d'abandonner leurs superstitions, et d'embrasser la religion de leurs nouveaux amis. Les Indiens , d'après une idée généralement établie chez les nations barbares , convinrent de la vérité et de l'excellence de la doctrine qu'il leur enseignait; mais ils soutinrent que les Teulés de Tlascala étaient des divinités non moins dignes de leurs hommages que le Dieu de Cortez; et que, comme celui-ci avait droit aux adorations des Espagnols, les Tlascalans étaient obligés de conserver

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1519 le culte des dieux qu'avaient honorés leurs ancêtres '. Gortez insista avec un ton d'autorité , mêlant les menaces aux arguments. Les ïlascalans , fatigués et mécontents, le conjurèrent de ne plus leur parler sur ce sujet, de crainte que leurs dieux ne les punissent d'avoir prêté l'oreille à une semblable proposition. Cortez , surpris et indigné de leur obstination, se prépara à exécuter par la force ce qu'il ne pouvait obtenir par la persuasion. Il allait détruire leurs autels et renverser leurs idoles avec la même violence qu'à Zempoalla , si le père Barthélemi d'Olmedo , aumônier de l'armée , n'avait arrêté l'impétuosité de son zèle. Ce religieux lui représenta l'imprudence d'une telle démarche dans une grande ville , remplie d'un peuple également superstitieux et guerrier , avec lequel les Espagnols venaient de s'allier. Il déclara que ce qui s'était fait a Zempoalla lui avait toujours paru inconsidéré et injuste ; que la religion ne devait pas être prêchée le fer a la main , ni les infidèles convertis par violence;, qu'il fallait employer d'autres armes pour cette conquête , l'instruction , qui éclaire les esprits , et les bons exemples , qui captivent les

(i) «Notre Dieu Camaxtle , lui disaient-ils, nous fait obtenir la victoire sur nos ennemis; notre 'déesse Matlalciicjc envoie de la pluie à nos champs, et nous défend contre les inondations du Zahuapan (rivière de Tlascala). Nous devons à chacune de ces divinités une partie du bonheur de notre vie , et leur colère attirerait sur notre état les plute sévères châtiments. » Clavig. Stor. ant. del Messico I. Il - liv. S. (I). !.. K.)

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cœurs; que ce n'était que par ces moyens qu'on 4519 pouvait engager les hommes à renoncer à leurs erreurs et à embrasser la vérité '. Parmi les scènes d'horreur que présente l'histoire de ce siècle , et dans lesquelles on voit le fanatisme absurde secondant si souvent l'oppression et la cruauté , des sentiments si humains font éprouver un plaisir aussi doux qu'inattendu. Au seizième siècle j dans un temps où les droits de la conscience étaient si mal connus dans le monde chrétien, ou le nom de tolérance était même ignoré , on est étonné de trouver un moine espagnol au nombre des premiers défenseurs de la liberté religieuse , et des premiers improbateurs de la persécution. Les remontrances de cet ecclésiastique , aussi vertueux que sage j firent impression sur l'esprit de Cortez. Il laissa les Tlascalans continuer l'exercice libre de leur religion, en exigeant seulement qu'ils renonçassent à sacrifier des victimes humaines.

Dès que les troupes furent en état de reprendre il s'avance le service, Cortez se détermina a marcher à Mexico, vers cholulamalgré les représentations les plus pressantes des Tlascalans , qui l'assuraient que sa perte était inévitable, s'il se mettait au pouvoir d'un prince aussi cruel que Montézuma, et aussi infidèle à sa parole \ Comme il était accompagné de six mille

(t) B. Diaz, chap. 77,/;. 5~4; cltap. 83,/;. 61.

0) Suivant Clavigero (Stor. ani. delMessico), les Tlascalans ne cherché

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4 519 Tlascalans, il se trouvait maintenant à la tête d'une 3 octobre, espèce d'armée régulière. Il s'avança d'abord vers Cholula. Montézuma avait à la fin consenti à admettre les Espagnols en sa présence, et avait fait dire à Cortez qu'il serait reçu avec amitié par les Cholulans. Cholula était une ville considérable qui, quoique distante de cinq lieues seulement de Tlascala1, avait été la capitale d'un état indépendant, et n'était soumise à l'empire du Mexique que depuis peu de temps. Elle était regardée par tous les habitants de ce qu'on appelle aujourd'hui la Nouvelle-Espagne comme une ville sainte , le sanctuaire et la résidence chérie de leurs dieux. On y venait en pèlerinage de toutes les provinces, et on immolait plus de victimes humaines dans son temple que dans celui de Mexico \ On peut croire que Montézuma avait invité les Espagnols à s'y rendre, soit dans l'espérance superstitieuse que ses dieux ne souffriraient pas la profanation de leurs temples, sans faire éclater leur colère contre ces impies qui venaient les braver jusque dans leur sanctuaire le plus respecté, soit dans la persuasion qu'il

rent pas à détourner Cortez de se rendre à Mexico, mais d'y aller on passant par Cholula dont ils représentaient les habitants comme capables de toute espèce de perfidie; ils conseillaient aux Espagnols de passer par Huexotzînco, état confédéré avec eux et avec ces derniers.

(r) Glavigëro dit que Cholula était à iS milles au sud de Tlascala et à Go milles à l'est de Mexico. (D. L. 11.)

(•2) Torqueroada, Monar. Ind. 7, î8r, -282; 77,291, Gomara, Cron. cap. 61. 1 ferrera, Dccad. Il, lib. VII, cap. 1.

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