‹ Histoire de l'Amérique (volume 3)Chapitre 145 sur 161 · LIVRE CINQUIÈME. 3l · texte numérisé non relu

LIVRE CINQUIÈME. 3l

doutes se dissipaient, mais leur étonnement ne fai- >J51 9 sait que croître. Ils furent alors persuadés que le pays était encore plus riche qu'ils ne l'avaient imaginé, et se flattèrent. qu'enfin ils allaient recueillir le fruit de leurs travaux.

Nul ennemi jusque là ne s'était opposé à leur marche , quoique plusieurs circonstances leur fissent soupçonner qu'on avait dessein de les surprendre. Des messagers arrivaient successivement de la part de Montézuma, leur permettant un jour d'avancer, et le jour suivant les pressant de se retirer, selon que ses espérances ou ses craintes prévalaient alternativement. Son trouhle était si grand qu'on ne peut l'expliquer qu'en le regardant comme l'effet de la superstition qui lui faisait craindre les Espagnols comme des êtres d'une nature supérieure à celle de l'homme. Enfin Cortez était presque aux portes de la capitale avant que le monarque eût décidé s'il recevrait ces étrangers en amis ou en ennemis. Mais, comme on n'éprouvait de la part des Mexicains aucun traitement hostile , Cortez , sans s'embarrasser des incertitudes de Montézuma , et sans paraître soupçonner ses intentions, continua sa route le long de la chaussée qui conduit à Mexico au travers du lac, marchant avec la plus grande circonspection et faisant observer la plus exacte discipline dans sonarmée.

•Lorsqu'il fut près de la ville * environ un mil- Sa Pi,emière

entrevue avec (i)En se rendant à Mexico, Cortez s'arrêta dans la ville do. Tezcnco, les Espagnols.

3l 4 HISTOIRE DE l'aMÉRIQUE.

-1519 lier d'Indiens qui lui paraissaient d'un rang élevé, parés avec des plumes et vêtus d'étoffes de coton très belles , vinrent à sa rencontre , et défilèrent devant lui en le saluant avec le plus grand respect à la manière de leur pays. Ils annonçaient la venue de Montézuma lui-même, et bientôt après ses coureurs parurent. Ils étaient au nombre de deux cents, habillés uniformément, marchant deux à deux en un profond silence , nu-pieds et les yeux fixés en terre. Ceux ci furent suivis d'une troupe plus distinguée , plus richement vêtue , au milieu de laquelle était Montézuma dans une espèce de fauteuil ou de litière resplendissante d'or et ornée de plumes de diverses couleurs. Quatre de ses principaux favoris le portaient sur leurs épaules , tandis que d'autres soutenaient sur sa tête un dais d'un travail curieux. Devant lui marchaient trois officiers , tenant à la main des baguettes d'or qu'ils élevaient de temps en temps , et à ce signal les Indiens baissaient la tête et cachaient leur visage, comme indignes de regarder un si grand monarque. Lorsqu'il fut près des Espagnols , Cortez descendit de cheval et s'avança vers lui avec empressement et

capitale du royaume dece nom, donl le souverain était neveu et tributaire de Montézuma. Ce fut là que le prince Ixtlilxochitl lui exposa ses prétendus droits au royaume d'Acolhiiacan, et lui porta des plaintes contra son frère Cacamal/in et contre Montézuma son oncle; Corlcz lui promit sans hésiti r sa protection pour le rétablir sur son trône. Clavigero, liv. VIII. (I). L. R.J

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