LIVRE CINQUIÈME. 3 I
d?un air respectueux. En .même temps Moutëzuma \h\v descendit de sa litière, et, s'appuyant sur les bras de deux de ses parents, s'approcha lui-même d'un pas lent et majestueux , tandis que ses gens étendaient devant lui des étoffes de coton, afin que ses pieds ne touchassent pas la terre. Cortez l'aborda avec une profonde révérence a la manière européenne. Le monarque lui rendit son salut à la mode de son pays, en touchant la terre avec sa main et la baisant ensuite \ Cette cérémonie, qui était au Mexique l'expression ordinaire du respect des inférieurs envers leurs supérieurs, parut aux Mexicains une condescendance si étonnante de la part d'un monarque orgueilleux qui daignait à peine croire que ses sujets fussent de la même espèce que lui , qu'ils crurent fermement que ces étrangers, devant qui leur souverain s'humiliait ainsi, étaient des êtres d'une nature supérieure. Les Espagnols , marchant au milieu de la foule du peuple , furent flattés de s'entendre appeler Teulès , c'est-à-dire divinités. Il ne se passa rien de remarquable dans cette première entrevue. Montézuma conduisit Cortez et ses soldats dans les quartiers qui leur avaient été pré-
(i) «Lorsque j'abordai Montézuma, dit Cortez, (lettre deuxième) je m'otai un collier de perles que je lui attachai au col. Quelque temps après un de ses serviteurs m'apporta , enveloppés dans un drap , deux colliers de limaçons de la couleur qu'ils estiment davantage; il pendait de chaque collier huit breloques d'or très bien travaillées, longues d'environ un demi-pied; Montézuma vint me les passer au col.» (D. L. R.)
3 iG HISTOIRE DE i/ AMÉRIQUE.
4519 parés, et prit congé d'eux avec une politesse cligne dune cour européenne. Vous êtes maintenant, leur dit-il , parmi vos frères et chez vous ; reposez-vous de vos fatigues, et soyez heureux jusqu'à ce que je revienne vous voir '. Le palais donné aux Espagnols pour leur logement était un édifice bâti par le père de Montézuma. Il était environné d'une muraille de pierre avec des tours de distance en distance , qui servaient en même temps de défense et d'ornement; les appartements et les cours étaient assez vastes pour loger les Espagnols et les Indiens leurs alliés. Le premier soin de Cortez fut de pourvoir à sa sûreté dans ce nouveau poste , en plaçant son artillerie en face des différentes avenues qui y conduisaient; en ordonnant qu'une grande division de ses troupes serait toujours sous les armes; en plaçant des sentinelles dans les endroits nécessaires , en un mot, en faisant observer une discipline aussi exacte et aussi vigilante que si l'on eût été en présence d'une armée ennemie.
opinion de Le soir, Montézuma retourna visiter ses hôtes ontezuma aycc ja m£me p0mpe qU'£ Ja première entrevue ,
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gnols. et porta non-seulement au général et à ses officiers,
mais même aux simples soldats, des présents dont la magnificence attestait la libéralité du souverain et l'opulence de son royaume. Il eut avec Cortez un
(i) Cortez, Rclat. Ramus. III, 239.-235. B. Diaz, chap. S3-S8. Goinara, Cron. cap. 64, 65. llrmra, Dccarl. //, l\b. VU, cap. 3, 4, 5