‹ Histoire de l'Amérique (volume 3)Chapitre 148 sur 161 · LIVRE CINQUIÈME. 3lQ · texte numérisé non relu

LIVRE CINQUIÈME. 3lQ

Mexique. On arrivait à la ville par des chaussées 451 <j de pierre et de terre , d'environ trente pieds de large. Comme les eaux des lacs inondaient la plaine dans la saison des pluies, ces chaussées s'étendaient très loin. Celle de Tacuba à l'ouest était d'un mille et demi, celle de Tezcuco, au nord-ouest, de trois milles, celle de Cuoyacan au sud de six milles '. Du coté de l'est il n'y avait point de chaussée, et on ne pouvait arriver à la ville qu'en canot 2 ; à chaque chaussée il y avait des ouvertures de distance en distance, par lesquelles les eaux communiquaient d'un coté à l'autre , et sur ces ouvertures des madriers recouverts de terre , qui servaient de ponts. La construction de la ville n'était pas moins remarquable que les avenues en étaient singulières. Non-seulement les temples, mais les maisons appartenant au monarque et aux personnes de distinction , pouvaient être appelés magnifiques en comparaison des édifices qu'on avait trouvés dans le reste de l'Amérique. Les habitations du peuple

(1) Suivant Clavigero les trois principales chaussées étaient celle de Iztapalapan au midi, qui avait environ sept milles de long ; celle de Tlacopan à l'ouest, qui avait près de deux milles, et celle de Tepejacac au nord, dont la longueur était de trois milles. Il n'y avait pnoint de chaussée de Mexico à Tezcuco , et il n'y aurait pu y en avoir à cause de la profondeur des eaux dans cet endroit; et s'il y en avait eu elle aurait eu quinze milles de long, qui est la distance entre ces deux villes, et non trois milles ainsi que le dit Robertson.

(a) F. Torribio MS.

^5i 9 étaient chétives, ressemblant aux huttes des autres Indiens ; mais elles étaient toutes placées avec régularité sur les bords des canaux qui passaient dans la ville en certains quartiers, ou le long des rues qui la partageaient. On y trouvait de grandes places, parmi lesquelles on dit que celle du grand marché pouvait contenir quarante ou cinquante mille personnes. Cette ville, l'orgueil du Nouveau- Monde et le plus noble monument de l'art et de l'industrie de l'homme , privé de l'usage du fer et du secours de tout animal domestique, possédait au moins soixante mille habitants ', si l'on s'en rapporte au témoignage des Espagnols qui ont mis le plus de modération dans leurs calculs \ situation La nouveauté de ces objets pouvait amuser et dangereuse étonner les Espagnols; mais ils n'en éprouvaient

des Espa- . , . . , , | , -,

ls. pas moins une grande inquiétude sur le danger de leur situation. Un concours de circonstances inattendues et favorables leur avait permis de pénétrer jusqu'au centre d'un grand empire, et ils s'étaient

(i) Torqucmada affirme que Mexico avait cent vingt mille maisons; mais le conquérant anonyme, Gomara, Herrcra et d'autres historiens lui donnent unanimement soixante mille maisons et non soixante mille habitants ainsi que le dit Roberlson. Clavigero pense que cet historien a é* induit en erreur par le traducteur italien du conquérant anonyme, qui ayant peut-être trouvé dans l'original Sesanta mil Vecinos, a traduit le dernier mot par abitanti au lieu defnochi. (D. L. R.)

(?.) Cortez, Relal. Ramus. III, 2 n). D. Relat. délia, gran. citta de Mexico, da un gentelhuomo del Cortcsc , Ramus. ibid. 3o4. E. Herrcra, Decad. II, tib. Vil, cap. 1 \ , etc.

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