‹ Histoire de l'Amérique (volume 3)Chapitre 150 sur 161 · LIVRE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE CINQUIÈME

fiance dans la valeur et la discipline de ses troupes, ,5^9 et le défaut de guide dans un pays inconnu , où il ne pouvait communiquer ses idées que d'une ma- , nière très imparfaite. Il reconnut qu'il s'était engagé dans une situation où il était aussi dangereux pour lui de rester, qu'il lui était difficile d'en sortir. Tenter une retraite, c'était s'exposera tout perdre. Le succès de son entreprise dépendait de l'opinion que les peuples de la Nouvelle-Espagne s'étaient formée de la force invincible des Espagnols. Au premier signe de crainte que ceux - ci laisseraient apercevoir, Montézuma , qui n'était retenu luimême que par la crainte, armerait contre eux tout son empire. Cortez était en même temps persuadé qu'il n'y avait qu'une suite non interrompue de victoires, et des succès complets et extraordinaires, qui pussent le faire avouer de son souverain , et couvrir les fautes et l'irrégularité de sa conduite. Toutes ces considérations lui firent sentir la nécessité de garder le poste qu'il avait pris ; et il vit que pour se tirer de l'embarras où l'avait jeté une démarche hardie il fallait en risquer une autre plus hardie encore. Le danger était grand , mais les ressources de son esprit étaient encore plus grandes. Après avoir tout considéré avec une pro- H se déterfonde attention , il s'arrêta à une idée aussi étrange r?me a f6 re,n

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qu'audacieuse. Il imagina d'aller saisir Montézuma Montézuma. dans son palais , et de le conduire prisonnier au

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^ 5 19 quartier des Espagnols. Il espérait qu'en se rendant maître de la personne de l'empereur , le respect superstitieux des Mexicains pour leur monarque , et leur soumission aveugle à toutes ses volontés, mettraient bientôt entre ses mains tout le pouvoir du gouvernement, ou qu'au moins ayant en sa puissance un otage si sacré, lui et les siens seraient à couvert de toute violence.

Comment il II proposa sur-le-champ son projet à ses officiers.

exécute ce Les p}us timides furent épouvantés et firent des^ objections. Les plus éclairés et les plus hardis, persuadés que c'était le seul moyen qui pût les tirer du danger qui les menaçait, l'approuvèrent hautement et entraînèrent leurs compagnons , de manière que l'on convint d'en tenter sur-le-champ l'exécution. A l'heure ordinaire de la visite que Cortez faisait tous les jours à Montézuma, il se rendit au palais accompagné d'Alvarado , Sandoval , Lugo , Velasquez de Léon et Davila , cinq de ses principaux officiers , et de plusieurs soldats de confiance. Trente hommes choisis le suivaient sans ordre , séparés , et paraissant guidés par la seule curiosité. De petites troupes furent postées de distance en distance dans toutes les rues qui conduisaient du quartier des Espagnols à la cour, et le reste des Espagnols avec les Tlasealans étaient sous les armes prêts à sortir au premier signal. GorteB et sa suite furent admis sans difficulté en présence

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