‹ Histoire de l'Amérique (volume 3)Chapitre 156 sur 161 · LIVRE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE CINQUIÈME

partage. Cortez voulut les satisfaire. On mit à part 45-19 un cinquième, comme le droit du roi d'Espagne; un autre cinquième fut réservé à Cortez comme commandant en chef. On reprit encore sur la masse les sommes avancées par Velasquez , Cortez et quelques autres officiers , pour les frais de l'armement. Le reste fut partagé entre les troupes, y compris la garnison de la Vera-Cruz , officiers et soldats , en proportion de leur rang. Après tant de déductions, la part de chaque soldat ne passa pas cent pesos. Cette somme était si fort au-dessous de leurs espérances, que quelques soldats la refusèrent avec dédain; d'autres murmurèrent si hautement qu'il fallut, pour les apaiser, que Cortez joignît l'adresse à des libéralités considérables. Ces plaintes n'étaient pas tout-a-fait sans fondement : la couronne n'ayant point contribué aux frais de l'armement, les soldats voyaient avec peine qu'on lui abandonnait une partie si considérable des trésors qu'ils avaient achetés par leurs travaux et leur sang. La part du général, eu égard aux idées qu'on se faisait de la richesse dans le seizième siècle, était une somme énorme. Quelques-uns des favoris de Cortez s'étaient secrètement approprié différents bijoux d'or, qui ne payèrent pas le cinquième prélevé pour le roi, et ne furent point mis dans la masse commune. Il faut croire pourtant que les objets qui avaient été détournés n'étaient pas d'une grande

4 519 valeur; car, dans ces circonstances, l'intérêt de Gortez était que la portion du roi fût très considérable.

Raisons La somme amassée par les Espagnols ne répond pour esque es mt aux [^cs qU'Qn aurait pu se former des ri-

ies Espagnols * l *■

ne trouvent chesses du Mexique , d'après les descriptions que au exique jeg niS|-oriens nous font de son ancienne splendeur,

qu une si pe- *

tite quantité et d'après les produits actuels de ses mines. Mais dor# il faut considérer que parmi les anciens Mexicains

l'or et l'argent n'étaient pas la mesure de la valeur des autres marchandises , et que cette circonstance n'influant pas sur leur prix, ces métaux n'étaient recherchés que comme ornements ou bijoux. Ils étaient consacrés aux dieux dans les temples, ou employés comme des marques de distinction par les princes et les personnes du plus haut rang. Comme on n'employait qu'une quantité peu considérable de ces métaux précieux, les demandes qu'on en faisait n'étaient pas assez fortes pour exciter l'industrie des Mexicains à en augmenter la quantité par le travail des fortes mines dont leur pays abonde; cet art d'ailleurs leur était entièrement inconnu. Tout ce qu'ils possédaient d'or était ramassé dans le lit des rivières , ou natif et recueilli dans l'état ou la mine le donne'. Le plus grand effort de leur industrie dans la recherche de ce

(i) Cortez, Relat. />. 23f>. F. R. Diaz, chap. 102, io3. Gomara,

Croit. c(ij>. r 12.

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