‹ Histoire de l'Amérique (volume 3)Chapitre 157 sur 161 · LIVRE CINQUIÈME. 33q · texte numérisé non relu

LIVRE CINQUIÈME. 33q

métal était de laver les terres détaehées des mon- 4 519 tagnes par les torrents , pour en séparer les grains d'or ; et même cette opération si simple était exécutée très maladroitement , selon le rapport des Espagnols envoyés par Cortez pour examiner l'état des provinces où Ton pouvait espérer de trouver des mines1. Par l'effet de ces différentes causes, la masse d'or existante alors au Mexique ne devait pas être fort grande. La quantité d'argent était encore moindre, parce qu'on trouve rarement ce métal dans un état de pureté, et que les Indiens ignoraient encore l'usage des procédés nécessaires pour l'extraire de la mine et le purifier 2. Ainsi, quoique les Espagnols eussent mis en usage tout leur pouvoir, et se fussent abandonnés à toute leur avidité pour satisfaire la plus grande de leurs passions , la soif de l'or, et que Montézuma eût épuisé ses trésors pour la rassasier , le produit de ces deux sources, qui formaient la plus grande partie des métaux précieux de l'empire, ne monta pas au-delà de ce que nous avons dit ci-dessus 5.

Mais , quelque facile que se fût montré Monté- Montézuma

-, . • / i i • montre une ré-

zuma pour tout ce que Cortez avait exige de lui , sjstance mvm il fut inflexible sur un point. En vain le général le cible au sujet pressa, avec tout le zèle importun d'un mission- e areisl0L

(t) B. Draz , chap. ro3.

(2) Herrera, Decad. II, lib. IX, cap. 4.

(3) Voyez la note 61.

34o HISTOIRE DE L*AM£fi{QUE.

4 519 naire, de renoncer à ses faux dieux et d'embrasser la foi chrétienne, il rejeta toujours la proposition avec horreur. La superstition était profondément gravée dans l'esprit des Mexicains , parce qu'elle y était établie sur un système complet et régulier ; et, tandis que les peuples grossiers des autres parties de l'Amérique abandonnaient aisément un petit nombre de notions et de cérémonies religieuses, trop peu fixes et trop arbitraires pour mériter le nom de religion nationale , les Mexicains restaient obstinément attachés à leur culte , quelque barbare qu'il fût , parce qu'il était accompagné d'une solennité , et pratiqué avec une régularité qui le rendait respectable à leurs yeux. Gortez , voyant que tous ses efforts ne pouvaient ébranler la fermeté de Montézuma, fut si furieux de son obstination, que , dans un transport de zèle, il se mit à la tête de ses soldats pour aller renverser les idoles dans le grand temple de Mexico. Mais les prêtres prenant les armes et le peuple accourant en foule pour défendre leurs autels, le général modéra enfin son ardeur et se détermina à renoncer à cette entreprise téméraire , après avoir 6 té seulement une idole de sa niche et y avoir placé une image de la vierge Marie '.

Projet dis Dès ce moment , les Mexicains, qui avaient souf-

Mexicams fert l'cmprisonnement de leur souverain et les exacpour exter-

(i) Vovez la note r r 3.

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