LIVRE QUATRIÈME. 3q
long-temps que la race même des hommes. Si l'usage du fer avait jamais été connu aux sauvages de l'Amérique ou à leurs ancêtres ; s'ils avaient jamais employé une charrue , une navette ou une forge , v l'utilité de ces inventions les aurait conservées, ei il est impossible qu'elles eussent pu être oubliées ou abandonnées. Nous pouvons donc en conclure que les Américains sont descendus de quelque peuple qui se trouvait dans un état de société trop peu avancé pour connaître les arts nécessaires , puisque ces mêmes arts étaient inconnus à leurs descendants K
5° Il ne paraît pas moins évident que l'Amérique Ni Par des
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ii a ete peuplée par aucune colonie des nations les di de . plus méridionales de l'ancien continent. On ne peut continent, pas supposer qu'aucune des tribus sauvages établies dans cette partie de notre hémisphère soit allée chercher un pays si éloigné. Elles n'avaient ni l'audace , ni l'industrie , ni la force qui pouvaient leur inspirer le désir et leur fournir les moyens d'exécuter un si long voyage. Les Américains ne peuvent pas non plus être descendus des nations les plus civilisées d'Asie et d'Afrique; et cela est prouvé, nonseulement par les observations que j'ai déjà faites sur l'ignorance ou ils étaient des arts les plus simples et les plus nécessaires , mais encore par une circonstance qui mérite d'être remarquée. Lorsqu'un peuple a éprouvé une fois les avantages que
(i) Voyez la note de la page 38.
4o HISTOIRE DE L'AMÉRIQUE.
procurent aux hommes la domination sur les animaux domestiques, il ne peut plus subsister sans la nourriture qu'il en tire , ni avancer aucune opération importante sans leur secours. Aussi le premier soin des Espagnols, lorsqu'ils s'établirent en Amérique , fut d'y porter tous les animaux domestiques d'Europe ; et si avant eux les Tyriens , les Carthaginois , les Chinois , ou quelque autre peuple policé , avaient pris possession de ce continent , nous y aurions trouvé les animaux particuliers aux régions d'où ils auraient été apportés. Mais , dans toute l'Amérique , il n'y a pas un seul quadrupède , apprivoisé ou sauvage , qui appartienne proprement aux pays chauds, oummcaux climats plus tempérés de l'ancien continent1. Le chameau, le dromadaire , le cheval , le bœuf, étaient aussi inconnus en Amérique que le lion et l'éléphant. Il est évident par là que le peuple qui s'établit le premier dans le monde occidental ne venait pas des pays ou ces animaux abondent ; car des hommes accoutumés à en faire usage auraient naturellement regardé leur secours non-seulement comme utile, mais encore comme indispensablement nécessaire pour l'amélioration et même pour la conservation de la société civile.
(i) Cette assertion n'est pas exacte, puisque l'ou trouve des corfs dans le Canada comme dans l'ancien continent, que le tapir, animal de l'Amérique méridionale, habité également Pile do Sumatra et la Chine, elc. (D. L. R.)