‹ Histoire de l'Amérique (volume 3)Chapitre 17 sur 161 · LIVRE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE QUATRIÈME

6° En considérant les animaux dont l'Amérique Les deux

1 l • . 1 continents pa-

est pourvue , on peut conclure que le point de con- . *

tact le plus voisin de l'ancien et du nouveau conti- plus voisins nent se trouve vers l'extrémité septentrionale de ] un , l au,lre

1 vers le nord.

l'un et de l'autre , et que c'est par là que la communication s'est ouverte et qu'il s'est établi une correspondance entre ces deux parties du globe. Les vastes contrées d'Amérique qui sont situées sous les tropiques ou qui en approchent sont remplies d'animaux indigènes de diverses espèces , entièrement différentes de celles qui se trouvent dans les parties correspondantes de l'ancien continent ' ; mais les provinces septentrionales du Nouveau-Monde sont peuplées d'animaux sauvages communs aux parties de notre hémisphère situées sous les mêmes latitudes. L'ours, le loup, le renard, le lièvre, le daim, le chevreuil, l'élan et plusieurs autres espèces fréquentent les forêts de l'Amérique septentrionale , ainsi que celles du nord de l'Europe et de l'Asie \ Il paraît donc évident que les deux continents s'approchent l'un de l'autre parce coté, et sont unis ou si voisins3, que ces animaux ont pu passer de l'un à l'autre.

7° Le voisinage actuel des deux continents est Cela est clairement prouvé par des découvertes modernes, Fouvet par

1 * ' les decou-

qui ont détruit la principale difficulté sur la manière vertes. dont s'est peuplée l'Amérique. Tant que les vastes

(i) Voyez les notes i5 et 22.

(a)BuffoD, Hist. nat.tom. IX, p. 79, etc. (3) Voyez la note 2.3.

régions qui s'étendent vers Test, depuis la rivière d'Oby jusqu'à la mer de Kamtschatka, ont été inconnues ou imparfaitement explorées, l'extrémité nord-est de notre hémisphère était supposée à une si grande distance du Nouveau-Monde , qu'il n'était pas aisé de concevoir comment il aurait pu s'établir une communication entre les deux continents. Mais les Russes, ayant soumis à leur domination la partie occidentale de la Sibérie, acquirent par degrés la connaissance de cette vaste contrée , en pénétrant vers l'est dans des provinces jusqu'alors inconnues. Elles furent découvertes par des chasseurs qui suivaient le gibier, ou par des soldats employés à lever les impôts; mais la cour de Moscou n'évaluait l'importance de ces nouvelles provinces que par la petite addition de revenu qui en résultait. Enfin , Pierrele-Grand monta sur le trône de Russie. Son génie vaste et éclairé, occupé à saisir toutes les circonstances qui pouvaient aggrandir son empire ou illustrer son règne, aperçut dans ces découvertes des conséquences qui avaient échappé aux regards de ses ignorants prédécesseurs. 11 sentit que les régions d'Asie, ens'étendant vers l'est, s'approebaient dans la même proportion vers l'Amérique; qu'on trouverait probablement par là celte communication enlre les deux continent? qu'on cherchait depuis si longtemps en vain, et qu'en ouvrant lui-même celle communication il pourrait faire cou Wdan s ses domaines.

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