‹ Histoire de l'Amérique (volume 3)Chapitre 20 sur 161 · LIVRE QUATRIÈME. l · texte numérisé non relu

LIVRE QUATRIÈME. l

vigateurs qui voudront le suivre dans ces mers '. La possibilité d'une communication entre les deux continents par cette partie du globe n'est plus fondée sur de simples conjectures, mais sur des preuves incontestables 2. Il se peut qu'une tribu ou quelques familles de Tartares errants , guidées par l'humeur vagabonde particulière à ce peuple, aient passé dans les îles les plus voisines; et quelque grossière que fût leur manière de naviguer, elles ont pu , en allant d'une île à une autre , arriver enfin a la cote d'Amérique et commencer à peupler ce continent. La distance des îles Mariannes ou des Larrons à la terre d'Asie la plus voisine est encore plus considérable que celle qui se trouve entre la partie d'Amérique que les Russes ont découverte , et la cote de Ramtschatka. Cependant les habitants des îles Mariannes sont évidemment d'origine asiatique. Si malgré leur éloignement nous reconnaissons que ces îles ont été peuplées par des émigrations de notre continent , la distance seule n'est pas une raison pour nous empêcher d'attribuer à la même origine la population de l'Amérique. Il est probable que les navigateurs qui visiteront dans la suite ces mers découvriront , en remontant davantage vers le nord , que le continent de l'Amérique est encore plus près de

(r) Voyez la note 2 5

2) Muller, Voyages et Découvertes, t, I, p. 248, etc. 267, 276.

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l'Asie '. Les habitants encore barbares du pays situé autour du cap nord-est de l'Asie , prétendent qu'il y a à la hauteur de leur cote une petite île où ils peuvent arriver en moins d'un jotfr, et que de là on découvre un grand continent qui, selon leur récit, est couvert de forets et occupé par un peuple dont ils n'entendent pas la langue a. Ils reçoivent de ce peuple des peaux de martre, animal inconnu dans les parties septentrionales de la Sibérie, et qui ne se trouve que dans les pays où il y a beaucoup d'arbres. Si nous pouvions ajouter foi à ce récit, il faudrait en conclure que le continent d'Amérique n'est séparé du notre que par un canal étroit ; et alors toutes les difficultés sur leur communication s'évanouiraient. Peut-être que le mérite de décider cette question est réservé à la princesse qui est assise en ce moment sur le trône de Russie, et qui, en perfectionnant le plan dePierre-le-Grand, ajoutera un jour ce brillant succès à ceux qui illustrent déjà son règne3. Autre com- Il est évident aussi, d'après des découvertes ré-

raunication , • •

, , centes , au une communication entre notre conti-

par le nord- 7 i

est. nent et l'Amérique a pu s'établir avec une égale

A. d. 83o. facile' par l'extrémité nord-ouest de l'Europe. Dès

le neuvième siècle les Norwégiens découvrirent le

Groenland et y établirent des colonies ; cette com-

(r) Voyez foliote 2 3 déjà citée.

(2) Mullcr, Voyage» et Découvertes, t. I, p. 166.

('{) Voyez la note a3 déjà citée.

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