LIVRE QUATRIÈME. l
tuelles, qui y détruisent presque entièrement l'activité de la végétation \ En avançant vers ces parties de l'Amérique placées sous le même parallèle que certaines provinces d'Asie et d'Afrique, qui jouissent constamment de cette chaleur féconde, favorable à la vie et à la végétation , l'empire du froid continue à s'y faire sentir , et l'hiver y règne souvent avec une extrême rigueur, quoique pendant un court espace de temps. Si nous traversons le continent d'Amérique vers la zone torride , nous trouverons encore que le froid, qui domine dans le Nouveau-Monde , s'étend aussi à cette région et y modère l'excès de la chaleur. Tandis que le nègre sur la cote d'Afrique est dévoré par l'ardeur continuelle et brûlante du climat, l'habitant du Pérou respire un air également doux et tempéré , ombragé pour ainsi dire par un dais de nuages légers , qui interceptent les rayons brûlants du soleil sans affaiblir son influence bienfaisante \ Le long de la cote orientale de l'Amérique , le climat , quoique plus approchant de celui de la zone torride dans les autres parties de la terre , est cependant beaucoup plus doux que dans les contrées d'Asie et d'Afrique situées à la même latitude. Si du tropique méridional nous continuons notre marche jusqu'à l'extrémité du continent américain , nous rencon-
(r) Voyez la note 6 .
(2) Voyage de Ulloa. tom. l,pag. ;53. Anson's , Voyage , pag. 18 \.
l4 HISTOIRE DE L'AMÉRIQUE.
trons beaucoup plus tôt que dans le nord des mers placées et des pays horribles 9 stériles et presque inhabitables par la rigueur du froid l.
Diverses causes concourent a rendre le climat de l'Amérique si différent de celui de l'ancien continent. Quoiqu'on ne connaisse pas encore jusqu'où l'Amérique s'étend vers le nord, nous savons qu'elle s'avance plus près vers le pôle que l'Asie ou l'Europe. H y a au nord de ces dernières de vastes mers qui sont ouvertes pendant une partie de l'année ; et lors même qu'elles sont couvertes de glace, le vent qui y souffle a une intensité de froid moindre que celui qui règne à terre dans les mêmes latitudes. Mais en Amérique la terre se prolonge du fleuve Saint-Laurent vers le pôle, et s'étend considérablement à l'ouest \ Une chaîne d'énormes montagnes couvertes de neige et de glace traverse toute cette triste région. Le vent, en passant sur une si grande étendue de terre élevée et glacée, s'imprègne tellement de froid qu'il acquiert une activité perçante , qui se conserve même dans sa route a travers des climats plus chauds, et ne se modifie entièrement que lorsqu'il arrive au golfe du Mexique. Sur tout le
(i) Anson's Voyage , pag. 74. Voyage de Quiros, dans l'Histoire générale des 'voyages tuin. XIV, pag. 83. Richard , Htst. nat. de l'air, tom. II, pag. 3o5j etc.
(?.) Les voyages exécutés récemmenl par les anglais ont démontré l'inexactitude de la première partie do celte assertion ; la seconde partie reste encore incertaine. ( D-L.R.)