‹ Histoire de l'Amérique (volume 3)Chapitre 51 sur 161 · LIVRE QUATRIÈME. Il · texte numérisé non relu

LIVRE QUATRIÈME. Il

de sa liberté et impatient de toute gêne, le jeune Américain s'accoutume à agir toujours comme s'il était entièrement indépendant. Il n'a pas plus d'attention pour ses parents que pour toutes les autres personnes qui vivent avec lui. Il les traite toujours avec indifférence et quelquefois même avec tant de mépris , d'insolence et de cruauté , que tous ceux qui en ont été les témoins en ont été pénétrés d'horreur'. Ces mœurs, qui semblent naturelles à l'homme dans l'état sauvage, parce qu'elles sont le produit des circonstances de cet état même, influent puissamment sur les plus grands rapports de la vie domestique. Dans l'union des deux sexes , elles introduisent une grande inégalité entre l'homme et la femme ; elles bornent la durée et affaiblissent la force de l'union des pères et des enfants.

Après avoir parlé de l'état domestique chez les institutions Américains , nous sommes conduits naturellement ^° 1 Iqucs à considérer leur gouvernement civil et leurs institutions politiques. Dans toutes les recherches concernant l'état de l'homme rassemblé en société , les moyens de subsistance sont le premier objet qui doit fixer l'attention. Comme ces moyens varient, les lois et la police doivent varier également. Les institutions naissent des idées et des besoins des tri-

(r)Gumillal, 212. Du Tertre , II , 376. Charlevoix, Ht 'st. de lu Nouv. France, III, 3og. Ici. Hist. du Paraguay, I, n5. Lozano, Dcscr. del Gran C/iaco, p. 68, 100, 101. F( mandés, Ixelac. hist. de los Chequit. 42-6-

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bus où elles s'établissent: celles des peuples pécheurs et chasseurs , qui peuvent à peine se former l'idée de quelque espèce de propriété , doivent être beaucoup plus simples que celles des peuples qui se sont fixés sur une terre qu'ils cultivent régulièrement, et chez lesquels il existe des droits de propriété , nonseulement sur les productions du sol, mais sur le sol même.

Tous les peuples de l'Amérique dont nous parlons doivent être mis dans la première classe. Mais quoiqu'ils puissent être tous également compris sous le nom de peuples sauvages , quelques-uns étaient beaucoup plus avancés que les autres dans les arts qui préparent des subsistances pour l'avenir'. Jamais l'homme ne s'est montré et n'existera peut-être dans un état plus sauvage qu'on ne le trouve dans les vastes plaines du midi de l'Amérique. Quelques tribus ne subsistent que des productions spontanées de la nature. Elles ne montrent aucune inquiétude, elles n'emploient presque aucune précaution , elles n'exercent aucun art et aucune industrie pour s'assurer les choses les plus nécessaires à la vie. Les Topajers du Brésil, les Guaxeros de Terre -Ferme, les Caiguas, les Moxos et quelques autres tribus du Paraguay, ne connaissent absolument aucune espèce de culture. Elles ne savent ni semer, ni planter. La culture du manioc, avec lequel on fait le pain de cassa ve, est même un art trop complique pour leur industrie, ou hop fatigant

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